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L'invité(e) de la matinale

Le Choeur de l'Eden fête l'été !

micRadio Fidélitétoday28 mai 2026 97 1

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    Le Choeur de l'Eden fête l'été ! Radio Fidélité


Quand 100 musiciens s’apprêtent à faire vibrer les églises de Nantes et Saint-Nazaire

Un concert aux portes de l’été

Le printemps touche à sa fin, l’été pointe le bout de son nez. Et quoi de mieux pour célébrer cette transition qu’un grand concert baptisé « Éclat du printemps » ? Le Chœur de l’Eden, dirigé par Noël Relandeau– qui sera aussi soliste baryton lors de ces soirées – investit deux églises de la région : celle de Notre-Dame de toute joie à Nantes le 1er juin, et celle de Saint-Nazaire le 30 mai, juste à côté de la plage.

Coïncidence heureuse ou planification minutieuse ? Un peu des deux, confie Noël Relandeau. « C’est une concordance de temps entre moult plannings », explique-t-il avec un sourire dans la voix. Les disponibilités des églises, de l’orchestre, du chœur, des solistes… Tout s’est aligné comme par magie pour tomber pile aux portes de l’été.

Une centaine d’artistes sur scène

Cent personnes. Oui, vous avez bien lu. Ce concert réunira une centaine d’artistes sur scène, un effectif impressionnant qui donne déjà le vertige. Aux côtés de Noël Relandeau, trois autres solistes prendront part à cette aventure musicale : Brigitte Lafont au soprano, Hélène Racineux en mezzo, et Pierre-Matthieu au ténor. Ensemble, ils porteront la Messe en ré majeur de Dvořák, cette œuvre composée en 1892 dans sa version orchestrale.

Car oui, à l’origine, cette messe était bien plus modeste. En 1887, Dvořák l’avait pensée pour seulement 14 chanteurs et un orgue. Mais une fois qu’il a travaillé la version orchestrale sous la commande de son éditeur, le compositeur tchèque a eu une révélation. « Wow, vraiment, dans la version orchestrale, cela donne une autre dimension », raconte Noël Relandeau. Et plus jamais Dvořák ne réentendra la version originale. Certaines œuvres prennent leur envol et ne redescendent plus.

Une recette qui se prépare dans la durée

Comment construit-on un tel événement ? Avec patience et méthode. Noël Relandeau compare le processus à la préparation d’une recette complexe. « On va prendre le temps de travailler avec le chœur. C’est ce qui va demander le plus de temps. » Depuis février, soit quatre mois de répétitions, le Chœur de l’Eden s’attelle à cette partition exigeante.

Pendant ce temps, le chef d’orchestre Jean-Pierre Bréhassol travaille de son côté avec l’orchestre Musique à l’Infini. Les solistes peaufinent leurs parties individuellement. Puis, comme les affluents d’un fleuve, tous ces courants se rejoignent pour former un mouvement général. Vendredi dernier, première rencontre avec la soliste mezzo. Mardi prochain, l’effectif au complet sera enfin réuni. C’est une œuvre qui se construit géographiquement et temporellement, par strates successives.

Le processus commence même un an avant. « On s’assoit pour se dire : voilà, l’année prochaine, qu’est-ce que l’on aimerait faire ? » Cette année, c’est le grand retour de l’orchestre, retrouvailles bisannuelles devenues une tradition. Il y a deux ans, ils étaient à Saint-Donatien autour du Stabat Mater de Schubert. L’année dernière, le Requiem de Duruflé avec orgue. Et voilà qu’ils rempilent ensemble.

Dvořák, ce compositeur aux mille influences

Pourquoi avoir choisi cette messe en particulier ? D’abord parce qu’elle permet la rencontre de deux effectifs : l’orchestre et le chœur. Mais aussi parce qu’Antonín Dvořák est un compositeur fascinant, un véritable caméléon musical.

D’origine tchèque, il a fait une grande partie de sa carrière aux États-Unis où il a été le premier directeur du conservatoire de New York. Vous connaissez sûrement sa Symphonie du Nouveau Monde, ce tube absolu du répertoire symphonique. Dvořák avait l’oreille ouverte sur le monde. Dans sa musique se mêlent les sonorités de la Bohème, sa région natale, mais aussi des influences italiennes, autrichiennes, françaises. Une fois arrivé aux États-Unis, il a même recueilli des mélodies des peuples indigènes.

« Il va vraiment avoir une oreille ouverte et au travers de sa musique faire une espèce de mélange de tout cela pour donner à entendre une œuvre singulière et originale », explique Noël Relandeau. C’est cette richesse, cette diversité d’influences qui rend la musique de Dvořák si unique, si reconnaissable.

Pourquoi en ré majeur ?

Voilà une question qui peut sembler technique, mais qui révèle toute la poésie de la composition musicale. Pourquoi composer en ré majeur plutôt qu’en sol mineur ? « C’est une excellente question », répond Noël Relandeau avec enthousiasme.

Chaque tonalité possède sa propre couleur, son propre caractère. C’est ce qu’on appelle l’éthos des modes. Un peu comme un peintre qui traverse sa période bleue – pensez à Picasso –, un compositeur choisit une tonalité en fonction de ce qu’il souhaite exprimer. Le fa majeur, c’est la tonalité pastorale par excellence, celle de la Symphonie pastorale de Beethoven, la symphonie des bergers.

Le ré majeur, lui, évoque la gaieté, la lumière. Mais il présente aussi un avantage pratique : il reste dans une tessiture moyenne, accessible pour un chœur amateur comme le Chœur de l’Eden. « Cela permet au chœur de donner le meilleur de lui-même », précise le chef. La musique, c’est aussi une question d’équilibre entre ambition artistique et réalisme vocal.

Un programme en deux temps

Que découvriront les spectateurs qui pousseront les portes de ces églises fin mai et début juin ? Un programme pensé en deux parties distinctes.

La soirée s’ouvrira avec l’ouverture d’Iphigénie en Aulide, une tragédie lyrique du compositeur autrichien Gluck écrite en 1774. Pendant dix minutes, l’orchestre présentera les différents thèmes et caractères de cette œuvre majeure du XVIIIe siècle français. Une mise en bouche orchestrale.

Ensuite, moment de virtuosité avec Mélanie Panel, piccolo soliste à l’Orchestre National des Pays de la Loire. Elle interprétera le Concertino pour flûte de Cécile Chaminade, composé en 1902. Un « petit concerto » concentré d’environ dix minutes qui met en lumière une compositrice trop souvent oubliée. Pourtant, Cécile Chaminade a écrit près de 400 œuvres. Pas mal, non ?

Puis viendra le moment tant attendu : la Messe en ré majeur de Dvořák. Cent musiciens réunis pour communier dans la musique. « C’est ce qui est important, que ce soit un moment de communion », insiste Noël Relandeau.

Deux casquettes pour un même homme

Chef de chœur et soliste baryton : Noël Relandeau jongle entre deux rôles exigeants. Mais pour ce concert précis, il ne tiendra pas la baguette. C’est Jean-Pierre Bréhassol qui dirigera l’ensemble de la soirée. Rolando sera uniquement à la voix, concentré sur son rôle de soliste et de membre du chœur.

Son travail n’en reste pas moins fondamental : préparer au mieux les choristes de l’ensemble de l’Eden pour qu’ils puissent briller le soir venu. Quatre mois de répétitions, de déchiffrage, d’organisation, de rétro-planning. Tout ça pour aboutir à « un beau moment de musique et surtout à partager avec un public nombreux ».

Une œuvre joyeuse pour célébrer l’été

Contrairement à certaines messes plus sombres ou contemplatives, celle de Dvořák respire la joie. C’est une œuvre lumineuse, parfaite pour célébrer l’arrivée de l’été. L’affiche du concert, réalisée par Anne-Édith, une choriste, reflète d’ailleurs cette atmosphère avec ses couleurs chaudes et vives.

Petit bémol cependant : la Symphonie miniature de Patrick Nedelec, compositeur nantais, initialement prévue au programme, ne pourra finalement pas être donnée pour des raisons indépendantes de la volonté des organisateurs. Mais qu’importe, le programme reste riche et prometteur.

Informations pratiques

Les concerts auront lieu le vendredi 30 mai à l’église de Saint-Nazaire (celle qui est juste à côté de la plage, vous savez ?) et le lundi 1er juin à 20h à l’église Notre-Dame de toute joie à Nantes. Les places sont à 15 € en prévente sur Yurplan, 18 € sur place et 10 € en tarif réduit.

Cent musiciens qui se préparent depuis des mois, quatre solistes, un chef d’orchestre passionné, et une œuvre qui mélange les influences du monde entier. Voilà ce qui vous attend lors de ces soirées musicales qui s’annoncent mémorables.


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