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today5 mai 2025 148 5
Tandis que Rome entre dans l’effervescence précédant le conclave, à Clisson, le père Nicolas Harel témoigne d’une autre ambiance. « Ça se vit dans une grande sérénité. C’est une vraie atmosphère de prière, » confie le curé, interrogé sur Radio Fidélité depuis son presbytère de Loire-Atlantique.
Dans ses paroisses, la prière accompagne chaque étape de cette transition. « Actuellement, nous prions. On a commencé déjà dès hier à prier pour… » dit-il, avant de préciser le double objet de leurs intercessions : « Prière pour le repos du pape François et puis d’action de grâce pour ce pontificat. »
Les fidèles sont déjà tournés vers l’avenir : « On a confié tous les cardinaux à la Vierge Marie pour qu’elle guide leurs pas et leur discernement avec l’Esprit Saint, pour qu’ils nous donnent le pasteur dont nous avons besoin. »
Les conversations paroissiales sur le conclave oscillent entre piété et légèreté. « Les paroissiens m’en parlent toujours avec une touche d’humour parce qu’ils cherchent à savoir si j’ai un candidat favori, » sourit le père Harel.
Sa réponse est claire et teintée de spiritualité : « Je n’ai aucun favori, je n’ai aucun poulain. Donc on revient directement sur l’Esprit Saint, c’est lui qui va décider, c’est lui qui a mené le pontificat, et c’est lui qui va mener son successeur. Il y aura une grande continuité. »
En tant qu’historien de formation, le père Harel appelle à la prudence dans les jugements hâtifs. « C’est trop tôt, c’est vraiment trop tôt. Le pontificat du pape François est un pontificat qui est complexe, qui va nécessiter du temps pour être digéré. »
Il insiste sur la continuité des processus initiés : « Il va falloir voir tous les processus que le pape François a lancés. Il va falloir que le successeur les fasse atterrir. Donc il faut laisser du temps au temps. »
Pour comprendre l’héritage de François, le prêtre conseille de « retourner aux origines du pontificat ». Il recommande la relecture de textes fondateurs : « Lumen Fidei, ce très beau document qu’il avait écrit conjointement avec Benoît XVI, et puis surtout Evangelii Gaudium qui était le texte programmatique. »
Dans notre société d’information permanente, le père Harel observe que la parole papale pourrait gagner en densité. « Dans une société où l’information fuse, la parole aussi, » constate-t-il.
Sa réflexion touche un point sensible : « Parfois il vaut mieux avoir une parole moins abondante mais plus nourrissante qu’une multiplication de paroles qui allaient toutes dans une même direction, mais que les médias pouvaient s’en saisir, les déformer, les amplifier, les transformer. »
Il esquisse un profil possible : « On a peut-être besoin d’un pape qui soit peut-être un peu plus spirituel, un peu moins communicant, mais qui nourrisse les brebis. »
Les discussions paroissiales révèlent des attentes diverses parmi les fidèles. « Il y a ceux qui nous disent qu’ils aimeraient retrouver une forme de continuité après François, ceux qui à l’inverse expliquent qu’ils sont plus dans une vision traditionaliste de l’Église et qu’ils aimeraient retrouver un souverain pontife qui remette certaines valeurs. »
Face à ces polarités, le père Harel prend du recul : « Les cardinaux aujourd’hui ont été effectivement nommés par François, mais ils ont été faits évêques sous Jean-Paul II ou sous Benoît XVI. Donc il y a toujours une continuité qui s’opère. »
Avec sagesse pastorale, il relativise les débats français : « Les Français aiment beaucoup les polémiques, dans le reste du monde on n’est pas trop là-dessus. Je pense que les cardinaux vont faire l’impasse sur toutes ces polémiques qui sont peut-être stimulantes dans les repas dominicaux mais qui ne sont pas l’essentiel. »
Pour lui, la question centrale reste : « Comment nous allons annoncer l’Évangile aujourd’hui ? »
Quant au rôle des fidèles pendant cette période, le père Harel est clair : « Jusqu’au bout ! Parce qu’on n’est jamais à l’abri d’une surprise et le Saint-Esprit a le don de nous faire toujours des surprises. »
Il rappelle cet adage du Vatican : « Un cardinal peut rentrer pape mais il n’en sort pas nécessairement pape. » D’où l’importance de la prière constante : « Nous verrons la surprise que l’Esprit Saint donnera en nous confiant un nouveau pasteur qui va permettre au pontificat de François de fleurir et de porter du fruit. »
Depuis Clisson jusqu’à Rome, la même confiance unit les fidèles. Le père Harel incarne cette foi sereine qui attend le successeur de François avec la certitude que l’Esprit Saint guidera le choix des cardinaux. Dans ses paroisses de Loire-Atlantique, la prière continue, simple et profonde, pour que l’Église reçoive le pasteur dont elle a besoin en ces temps troublés.
Basé sur l’interview du père Nicolas Harel diffusée sur Radio Fidélité le 5 mai 2025
Écrit par: Louise Rio