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Municipales 2026 : Johanna Rolland, maire PS de Nantes et candidate à sa réélection

micRadio Fidélitétoday9 mars 2026 9

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    Municipales 2026 : Johanna Rolland, maire PS de Nantes et candidate à sa réélection Radio Fidélité


Johanna Rolland face au défi : tenir ses promesses dans une ville aux caisses sous tension

Quand les grandes villes paient l’addition

Johanna Rolland ne mâche pas ses mots. Le budget national 2026 ? Une pilule amère pour les collectivités locales. « C’est bien logique de contribuer à l’effort de redressement du pays », concède la maire sortante de Nantes, invitée sur Radio Fidélité. Le sens des responsabilités, quoi. Mais voilà, le bât blesse ailleurs.

La moitié de l’effort demandé aux collectivités repose sur les épaules du « bloc communal » – comprenez les grandes intercommunalités. Et là, ça coince. Pourquoi ? Parce que deux tiers des émissions de gaz à effet de serre proviennent des grandes villes. Et que deux tiers des personnes en situation de pauvreté y vivent aussi. Double peine, en somme.

Face à cette équation budgétaire qui donne des sueurs froides à plus d’un élu, Johanna Rolland affiche une sobriété assumée. Moins 10 % sur les frais de communication cette année. Chaque euro doit être « un euro utile », martèle-t-elle. Dans un monde où le vacarme médiatique règne en maître, ce genre de décision passe presque inaperçu. Pourtant, elle dit quelque chose de l’état d’esprit qui anime cette campagne.

200 mesures : folie douce ou ambition maîtrisée ?

Le 2 février dernier, la maire sortante a dévoilé son programme. 200 mesures. Oui, vous avez bien lu. Deux cents. De quoi faire sourciller les plus sceptiques. Mais Johanna Rolland balaie les doutes d’un revers de main : « La situation financière de la ville est saine. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La dette nantaise ? En dessous de la moyenne des villes de taille comparable. Plus basse qu’Angers, Nice ou Cannes. Et puis il y a ce chiffre qui claque : 94 % des engagements du mandat précédent ont été tenus. Dans une époque où la parole politique inspire souvent la méfiance, ce taux de réalisation détonne.

Trois mots résument son projet : juste, écologique, solidaire. Des valeurs, certes. Mais surtout des réponses concrètes aux préoccupations du quotidien. Le pouvoir d’achat, la santé, la sécurité, l’alimentation, la mobilité. Tout y passe. Parce qu’au fond, c’est ça qui compte pour les Nantaises et les Nantais qui peinent à boucler les fins de mois.

La gratuité comme arme politique

Prenons la gratuité des transports le week-end. Une mesure phare du mandat qui s’achève. Ses adversaires – Foulque Chambdelot à droite et le candidat d’extrême droite – veulent y mettre fin. Erreur stratégique, selon Johanna Rolland. Cette gratuité ne profite pas qu’aux usagers. Elle booste la fréquentation du centre-ville. « Le flux amène le flux », rappelle-t-elle, reprenant une maxime chère aux commerçants.

D’ailleurs, elle compte aller plus loin. Extension de cette gratuité à 15 000 personnes supplémentaires. 700 nouvelles places de crèche. 40 % de logements sociaux en plus. Une plateforme d’accompagnement pour les familles monoparentales – ces mamans solo qui jonglent entre boulot, gosses et factures qui s’accumulent.

Comment financer tout ça ? « L’ensemble de ce programme est budgété », assure-t-elle. Chaque engagement a été calculé, pesé, évalué. Parce qu’elle sait que les journalistes et les habitants scruteront chaque promesse. Et qu’ils n’hésiteront pas à sortir les calculettes.

Sécurité : la mobilisation générale

Sur le terrain de la sécurité, Johanna Rolland a frappé fort. Elle a doublé les effectifs de la police municipale. Organisé deux concours de recrutement – une première pour une grande ville française. Installé plus de 400 caméras de vidéoprotection là où il n’y en avait aucune à son arrivée.

« La sécurité est un droit pour chacun », martèle-t-elle. À Nantes, la mobilisation est « collective, totale et déterminée ». Une mobilisation générale qui couvre tous les maillons de la chaîne : éducation, prévention, fermeté républicaine. Pas question de lâcher du lest sur ce dossier sensible.

Le commerce au cœur des préoccupations

Les commerçants nantais ont publié un livre blanc. Dedans, des demandes concrètes : places de parking gratuit, ouvertures dominicales. Johanna Rolland les a reçus. Elle a écouté. Et intégré plus de 30 mesures dans son programme qui concernent directement ou indirectement le commerce.

L’idée d’une foncière commerciale, par exemple, ne sort pas d’un chapeau magique. Elle émane d’échanges constants avec les professionnels du secteur. Ces derniers ont besoin d’un outil pour faciliter l’accès de certains commerçants aux locaux. La foncière répond à ce besoin.

Et puis il y a cette cohérence d’ensemble. La gratuité des transports le week-end favorise la fréquentation du centre-ville. Ce qui booste le commerce. Ce qui renforce l’attractivité. Un cercle vertueux, en quelque sorte. Tout se tient, tout s’articule.

La culture, ligne rouge infranchissable

Christelle Morançais soutient Foulques Chombart de Lauwe. Ensemble, ils affirment vouloir maintenir le budget culturel. Johanna Rolland ne les croit pas une seconde. « On n’est pas très crédible quand on a soutenu la politique menée par la région », lâche-t-elle, cinglante.

Les coupes drastiques régionales ? Un « plan social sans précédent ». Artistes, régisseurs, ingénieurs du son, techniciens lumière : tous ont trinqué. Et pour la maire sortante, c’est une ligne rouge. La culture n’est pas une variable d’ajustement. Elle rassemble, elle réconcilie.

Elle a mis en place la gratuité des bibliothèques. Résultat ? Plus 57 % de fréquentation. Le savoir, l’éducation pour tous. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. « Je ne veux pas laisser abîmer cela », insiste-t-elle. Dans un monde fracturé, les arts et la culture sont des ponts. Pas des luxes.

L’écologie, question de santé publique

Les écologistes la soutiennent dès le premier tour. Une première. À droite, certains prétendent qu’elle est « prise en otage par les insoumis et les écologistes ». Elle balaie l’accusation : aucun insoumis sur sa liste. Et puis surtout, l’écologie n’est pas une lubie idéologique. C’est une question de santé. De santé mentale, même.

Les recherches scientifiques le prouvent : il existe un lien direct entre santé des individus et environnement. Sous son mandat, 14 hectares ont été débitumés. 50 000 arbres et arbustes plantés. Les cours d’école revisitées pour lutter contre le changement climatique. Et ça fait le bonheur des enfants et des petits-enfants.

« La génération qui est la nôtre doit prendre ses responsabilités », affirme-t-elle. Difficile de lui donner tort quand on regarde l’actualité nationale et européenne. Le climat n’attend pas. Les générations futures non plus.

Si on ne devait en garder qu’une

Parmi les 200 mesures, laquelle retenir ? Johanna Rolland hésite. Puis se lance : la plateforme pour les familles monoparentales. Ces mamans solo qui se battent chaque jour pour élever correctement leurs enfants. Celles qui travaillent et peinent à vivre dignement. Celles qui méritent « tout notre soutien ».

Le pouvoir d’achat des plus modestes et des classes moyennes reste au cœur de ses préoccupations. C’est par là qu’elle a commencé sa campagne. Et c’est sans doute par là qu’elle compte la terminer.

Face à la droite, l’heure des choix

Foulques Chombart de Lauwe croit en ses chances. La droite aussi. Après 37 ans d’ancrage à gauche, Nantes pourrait-elle basculer ? Johanna Rolland refuse ce scénario. Son adversaire ? « La droite et l’extrême droite naturellement », dit-elle sans détour.

Mais au-delà des étiquettes politiques, c’est un projet de société qui s’affronte. D’un côté, la continuité d’une politique sociale, écologique et culturelle. De l’autre, une rupture promise mais aux contours encore flous. Les Nantais trancheront dans une semaines.


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