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Municipales 2026 à Nantes : les commerçants interpellent les candidats avec Carine Martin, présidente de "Plein centre"

micRadio Fidélitétoday11 février 2026 7

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    Municipales 2026 à Nantes : les commerçants interpellent les candidats avec Carine Martin, présidente de "Plein centre" Radio Fidélité


Nantes : les commerçants du centre-ville sonnent l’alarme avant les municipales

Quand les boutiques prennent la parole

Carine Martin ne mâche pas ses mots. Présidente de l’association Plein Centre, elle a choisi de monter au créneau avec plusieurs organisations professionnelles pour faire entendre la voix d’un secteur qui se sent parfois oublié. « Le commerce de centre-ville, c’est la vie de la ville », lance-t-elle d’emblée. Une évidence ? Peut-être. Mais une évidence qu’il faut apparemment rappeler.

Car derrière cette initiative, il y a un constat partagé par beaucoup : le commerce nantais n’est plus tout à fait celui d’il y a dix ans. Les achats en ligne grignotent les parts de marché. Les habitudes des consommateurs évoluent. La société change, tout simplement. Et face à ces bouleversements, les commerçants réclament du soutien, de l’écoute, de l’action concrète.

L’accessibilité, le nerf de la guerre

Parmi les six axes du livre blanc – environnement commercial attractif, sécurité, accès aux pôles commerciaux, transition écologique, animation et rayonnement touristique – un sujet revient en boucle : l’accessibilité. Comment attirer les clients dans un centre-ville devenu difficile d’accès ?

Les travaux interminables n’arrangent rien. « Une ville est toujours en mouvement, c’est le propre d’un système urbain », reconnaît Carine Martin. Mais à Nantes, ces chantiers qui s’éternisent finissent par peser lourd. Très lourd même. Et puis il y a cette question qui fâche : la voiture. Oui, celle qu’on a progressivement chassée du centre pour créer des espaces plus apaisés, plus respirables.

Le parking de la Petite Hollande ? Disparu. Les places gratuites ? Quasi introuvables. Les parkings payants ? Hors de prix. Pour Carine Martin, la limite est atteinte. « On est arrivé au maximum », affirme-t-elle. Freiner l’expansion automobile, pourquoi pas. Mais rendre le centre-ville inaccessible aux familles, aux personnes âgées, à tous ceux qui ne peuvent pas tout faire en transport en commun ? C’est une autre histoire.

Deux heures gratuites pour relancer la machine

La proposition phare du livre blanc tient en quelques mots : deux heures de stationnement gratuit dans les parkings du centre-ville. Simple, direct, efficace ? C’est en tout cas le pari des commerçants. L’idée, c’est de faciliter la venue des consommateurs, de leur donner envie de revenir faire leurs achats en ville plutôt que dans les zones commerciales périphériques ou, pire, sur Internet.

Les commerçants veulent aussi conserver la gratuité des transports le week-end, acquise il y a quelques années. Une mesure qui a fait ses preuves et qu’il serait dommage de voir disparaître. Parce qu’au fond, c’est bien de ça qu’il s’agit : maintenir un équilibre entre différents modes de déplacement sans exclure personne.

La sécurité, ce combat jamais terminé

Second dossier sensible : la sécurité. Carine Martin le reconnaît volontiers, la mairie a fait des efforts. La vidéoprotection s’est développée. Les effectifs de police municipale ont augmenté. Les chiffres s’améliorent, la perception aussi. « Mais le combat n’est jamais fini », rappelle-t-elle.

Certains endroits restent compliqués. La croisée des trams, notamment, malgré les travaux et la présence policière renforcée. Quant aux attaques contre les commerces – le terme est fort, mais c’est celui qu’elle emploie – elles n’ont pas disparu. « La société est un petit peu tendue », constate-t-elle avec une pointe de fatalisme. À Nantes comme ailleurs, les actes de violence touchent parfois les commerçants. Une réalité qu’on aimerait pouvoir balayer d’un revers de main.

Le dimanche, cette liberté qu’on réclame

Trois dimanches d’ouverture autorisés par an à Nantes. Trois. Pendant que d’autres villes en proposent bien davantage. Pour les commerçants, c’est incompréhensible. Pas question de réclamer des ouvertures toute l’année, précise Carine Martin. La revendication est beaucoup plus ciblée : pouvoir ouvrir librement pendant la période de Noël, du démarrage du marché jusqu’au 25 décembre.

Pourquoi ? Parce que certains commerces réalisent 30% de leur chiffre d’affaires annuel sur cette période. Trente pour cent ! C’est énorme. Et puis parce que les consommateurs ne comprennent pas. Ils arrivent un dimanche de décembre, trouvent porte close, et repartent avec un sentiment d’incompréhension. Pourquoi fermer quand les gens veulent acheter ?

« Symboliquement, c’est assez fort », souligne la présidente de Plein Centre. Les commerçants ont le sentiment de ne pas avoir la liberté de travailler comme ils le souhaitent. Sur ce dossier, la détermination est totale. « On va vraiment aller chercher les candidats », promet-elle.

Des candidats qui commencent à répondre

Justement, ces candidats aux municipales commencent à dégainer leurs propositions. Stationnement gratuit pour certains, encadrement des loyers pour d’autres, sécurité renforcée pour tous ou presque. Dans les colonnes de Ouest France, chacun y va de sa mesure phare. Est-ce que ça répond aux attentes ? « C’est un peu tôt pour le dire », temporise Carine Martin.

Car le vrai rendez-vous, c’était pour le lendemain de cette interview. Une série de rencontres organisées avec tous les candidats, majorité sortante comprise. L’objectif ? Échanger de manière précise, concrète, factuelle. Confronter les propositions au livre blanc. Voir qui s’engage vraiment, et sur quoi.

Entre espoir et pragmatisme

« On espère toujours évidemment », confie Carine Martin avec un mélange d’optimisme prudent et de réalisme assumé. Les promesses électorales, elle connaît. Les déclarations d’intention aussi. Ce qu’elle attend maintenant, ce sont des réponses précises. Des engagements qu’on pourra vérifier, mesurer, évaluer une fois les élections passées.

Parce qu’au-delà des débats sur la piétonisation ou la circulation, il y a une question centrale : quelle ville veut-on pour demain ? Une ville où le commerce de proximité prospère, où les habitants peuvent flâner dans des rues animées, où l’activité économique se mêle harmonieusement à la vie culturelle ? Ou une ville musée, certes jolie à regarder, mais progressivement vidée de sa substance commerciale ?

Les commerçants nantais ont choisi de ne pas rester spectateurs de ce débat. Avec leur livre blanc, ils imposent leurs préoccupations dans la campagne. Reste à voir si les futurs élus sauront – ou voudront – y répondre.


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