Une semaine de dévouement total
Imaginez-vous debout dès 6 heures du matin, disponible jusqu’à 22 heures le soir. C’est le quotidien des hospitalières pendant cette semaine à Lourdes. Leur mission n’en reste pas moins intense : transporter les pèlerins en voiture, pousser les fauteuils, être là. Tout simplement là.
Daniel Auger connaît bien cette réalité. Membre de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes du diocèse de Loire-Atlantique, il a partagé ce matin sur les ondes les coulisses de cet engagement hors norme. « C’est surtout l’écoute », confie-t-il quand on lui demande ce qui fait un bon hospitalier. Pas besoin de profil particulier, pas de compétences extraordinaires. Juste cette capacité à être présent, vraiment présent.
Bien plus qu’un pèlerinage annuel
L’association ne se limite pas à cette semaine d’avril. Elle structure toute une vie diocésaine autour de la fragilité et de l’accompagnement. Neuf zones quadrillent le territoire nantais, chacune proposant entre janvier et mars une journée de convivialité. Histoire de ne pas se voir uniquement à Lourdes, de tisser des liens durables.
Et puis il y a ce pèlerinage du 15 août, instauré après la suppression de celui de juillet. Cette année, rendez-vous à Notre-Dame-de-Mont-Garant. L’an dernier, c’était Cholet-le-Coteau. Avant, la Florenterie aux Brettes. Une façon de dire que le chemin spirituel ne se limite pas aux Pyrénées, qu’il peut emprunter des routes plus proches, plus familières.
Le 8 décembre aussi marque les calendriers. Ce jour-là, hospitaliers et hospitalières rendent visite aux malades qui ont participé au pèlerinage dans l’année. Pour leur rappeler qu’on ne les oublie pas. Que le lien perdure au-delà des moments forts.
Ces confidences qui scellent la confiance
« Ils aiment bien se confier, ils ont confiance en nous », explique Daniel Auger. Ces moments d’intimité, ces paroles échangées dans le secret d’une conversation constituent peut-être le cœur de cette mission. On ne devient pas hospitalier pour les processions – aussi belles soient-elles. On le devient pour ces instants où quelqu’un qui souffre trouve enfin une oreille attentive.
Les pèlerins visitent la grotte, découvrent la chapelle des Lumières, assistent aux processions mariales et eucharistiques. Mais ce qui les marque vraiment, ce sont ces visages qui les écoutent sans juger, ces présences qui les soutiennent dans leurs démarches spirituelles comme dans leurs besoins les plus concrets.
« Ils sortent émerveillés », résume Daniel. Et ils demandent qu’une chose : revenir l’année suivante. N’est-ce pas là le plus beau des témoignages ?
Un accompagnement qui ne s’arrête jamais
L’équipe médicale – infirmiers, infirmières, médecins – veille bien sûr aux aspects sanitaires. Mais l’essentiel se joue ailleurs. Dans cette disponibilité constante, cette capacité à répondre présent quand on a besoin de vous. Que ce soit pour pousser un fauteuil, partager un repas ou simplement écouter.
D’ailleurs, l’accompagnement ne s’arrête pas au retour du pèlerinage. « C’est important qu’ils sachent qu’ils ne sont pas délaissés », insiste Daniel Auger. Beaucoup d’hospitaliers prolongent leur engagement dans d’autres structures : EHPAD, visites aux personnes isolées, associations comme le Secours Catholique ou les Petits Frères des Pauvres. L’action plutôt que la contemplation, en quelque sorte.
Monseigneur Percerou : une présence symbolique forte
Cette année, l’évêque de Nantes rejoindra le groupe à partir du mercredi. Un léger changement de programme qui contrarie un peu les organisateurs, habitués à sa présence dès le début. Mais sa venue reste un moment fort. Il partage le repas de midi avec les personnes malades, discute avec elles, incarne cette proximité que l’Église cherche à retrouver avec les plus fragiles.
« C’est une figure importante pour eux », confirme Daniel. Dans un monde où les institutions semblent parfois lointaines, inaccessibles, cette présence épiscopale au quotidien change la donne. Elle rappelle que l’Église, ce n’est pas seulement des bâtiments et des cérémonies. C’est aussi des hommes et des femmes qui marchent ensemble.
Comment rejoindre l’aventure ?
Les inscriptions pour le pèlerinage 2026 sont désormais closes. 290 hospitaliers pour 97 malades : le ratio permet un accompagnement de qualité, presque personnalisé. Mais si vous souhaitez rejoindre cette belle aventure humaine pour l’année prochaine, des affiches sont actuellement placardées dans les églises du diocèse avec les contacts nécessaires.
Pas besoin de formation particulière, rappelle Daniel Auger. Tous les profils sont les bienvenus. Ce qui compte, c’est cette envie de se mettre au service des autres, cette capacité à donner de son temps sans compter. De 6 heures à 22 heures pour certains, c’est vrai. Mais avec en retour ces sourires illuminés, ces remerciements murmurés, cette joie partagée qui vaut tous les sacrifices.
Le site de Radio Fidélité mettra également les coordonnées à disposition pour ceux qui voudraient s’investir dans cette cause. Parce qu’au fond, l’hospitalité nantaise cherche toujours de nouvelles mains pour pousser les fauteuils, de nouvelles oreilles pour écouter, de nouveaux cœurs pour accompagner.
Une semaine qui change des vies
Du 13 au 18 avril, Lourdes va donc accueillir cette délégation nantaise. Cinq jours qui peuvent paraître courts sur le papier mais qui, pour beaucoup de participants, constituent un tournant dans leur vie spirituelle. Un moment où la foi se ravive, où l’espérance reprend ses droits, où la fraternité n’est plus un concept abstrait mais une réalité tangible.
Les hospitaliers rentreront fatigués, c’est certain. Mais aussi nourris de ces rencontres, enrichis de ces confidences, transformés par ces regards reconnaissants. Parce qu’à Lourdes comme ailleurs, c’est souvent celui qui donne qui reçoit le plus.