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Le Billet d'Humeur – Radio Fidélité · 15 septembre 2026
Une petite histoire de moules
La production de moules amputée d’un quart cet été
Les professionnels de la mytiliculture en Loire-Atlantique font face à une catastrophe silencieuse : la production estivale a chuté de 25 %. Deux facteurs climatiques en sont responsables : la chaleur extrême et la sécheresse qui ont gravement endommagé les stocks, sans faire la une des journaux.
L’impact de la chaleur sur les moules
À marée basse, les moules restent exposées sur les buchots. Leurs coquilles noires captent intensément la chaleur du soleil. Lors des canicules de l’été, elles ont chauffé comme des plaques de goudron, cuisant littéralement sur place avant même d’être récoltées.
La sécheresse et la famine des moules
Les moules se nourrissent de plancton. Or, le plancton dépend de ce que les fleuves charrient vers la mer. Cet été, les fleuves ont apporté très peu d’eau, privant le plancton des ressources nécessaires. Résultat : les moules n’ont pas seulement souffert de la chaleur, elles ont aussi eu faim.
Un phénomène discret mais révélateur
Contrairement aux catastrophes naturelles spectaculaires, cette crise s’est déroulée sans bruit, sans images choc, sans reportages télévisés. Pendant que les gens se baignaient à la plage, sous l’eau, les stocks diminuaient silencieusement. On ne l’apprend qu’au moment des bilans comptables.
Cette discrétion pose une question plus large : combien d’autres dégâts ne voyons-nous pas survenir autour de nous ? Des amitié qui s’effritent, une santé qui se dégrade, une communauté qui se fragmenté, une nappe phréatique qui s’épuise, un métier qui disparaît d’un village — autant de réalités qui ne font pas bruit avant qu’on en compte les dégâts.
Manger les moules, malgré tout
Les moules seront un peu plus chères cette année, ce qui est justifié : les producteurs ont souvent travaillé à perte. Quand on en déguste, il est bon d’y accorder une pensée pour ceux qui ont traversé un drôle d’été pour la faire arriver dans notre assiette.</p