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Quand ça Balance · 24 septembre 2026

Stéphane Grappelli et les autres

30 min · en réécoute libre

Présentation de l’émission

Quand ça balance est une émission de jazz présentée par Jean-Philippe Fidal depuis maintenant 20 ans. Chaque semaine, Pierre Antoine Champenois, Antoine Orin, Didier Toutblanc et Jackie Huchet se réunissent autour d’une table pour apporter chacun un disque, le commenter et le faire écouter aux auditeurs. Les sélections couvrent une grande variété de styles et d’époque, des années 1920 à l’actualité, en passant par des perles historiques.

Stéphane Grappelli — Jackie Huchet

Jackie propose un enregistrement de Stéphane Grappelli datant de 1970. À cette époque, Grappelli joue en tant que musicien de fond au restaurant Le Toit de Paris, situé à proximité de l’hôtel Hilton, pour des dîners peu attentifs à sa musique. Il enregistre cette séance inédite accompagné par le trio du pianiste Gérard Gustin et un orchestre à cordes discret. Sur deux titres, Sacha Distel et sa guitare viennent se joindre à l’ensemble.

Le morceau écouté est Zénith, avec Stéphane Grappelli au violon, Gérard Gustin au piano et Sacha Distel à la guitare. Gérard Gustin était le pianiste et chef d’orchestre attitré de Sacha Distel. Jackie note que le choix d’une basse électrique à la place de la contrebasse est un peu dommage pour une séance aussi raffinée, d’autant que l’instrument semble surmirisé et trop présent dans le mix.

Anita Audey — Antoine Orin

Antoine présente Anita Audey, une chanteuse née en 1919 avec une voix extraordinaire. À 20 ans, elle devient chanteuse professionnelle et connaît rapidement un succès aux côtés de Jane Gropa et Roy Eldridge en 1941. Elle intègre ensuite l’orchestre de Stan Kenton et poursuit une belle carrière solo. Antoine apprécie particulièrement les petites rayures dans sa voix, qui en sont la signature.

Le morceau écouté est Lover Come Back to Me, une chanson composée en 1928 avec une musique de Sigmund Romberg et des paroles d’Oscar Hammerstein II, écrites pour la comédie musicale The New Moon. L’enregistrement date de janvier 1961 à Los Angeles, avec Joe Muni au piano et un arrangement de Johnny Mandel. Anita chante avec un swing remarquable sans forcer sa voix.

Antoine mentionne une anecdote tragique : Joe Muni est mort très jeune dans une circonstance étrange impliquant la drogue.

Johnny Griffin — Pierre Antoine Champenois

Pierre Antoine raconte comment, en 1954, Thelonious Monk découvre à Chicago le jeune saxophoniste ténor Johnny Griffin et l’engage quelques semaines au club Be Hive. Grâce à ce parrainage, Griffin est repéré par le label Blue Note et enregistre son premier disque en avril 1956. Il est accompagné par d’excellents musiciens : Wynton Kelly au piano, Curly Russell à la contrebasse et Max Roach à la batterie.

Le morceau écouté est Nice and Easy, composé par Johnny Griffin, qui deviendra son hymne de référence pendant longtemps. Griffin est surnommé le « Little Giant » (petit géant). Pierre Antoine se souvient l’avoir vu dans sa jeunesse au Castel à Nantes en quartet, puis à la salle Paul Fort au milieu des années 1970, accompagné par le trio de George Arvanitas.

Blind test — George Benson

L’émission propose un petit jeu : deviner qui chante A Foggy Day. Après quelques tentatives, les participants découvrent que c’est George Benson. L’enregistrement date d’août 1966, lorsque Benson avait 23 ans (né en 1943, il a actuellement 83 ans). Il est accompagné par le Dr. Lonnie Smith à l’orgue, Ronnie Cuber au saxophone baryton et Jimmy Lovelace à la batterie. Dr. Lonnie Smith était un disciple du professeur John « Brother Jack » McDuff.

John Coltrane — Didier Toutblanc

Didier souligne qu’on célèbre exactement 100 ans de la naissance de John William Coltrane, né le 23 septembre 1926 en Caroline du Nord. Coltrane est l’un des saxophonistes les plus influents de l’histoire du jazz, notamment du jazz d’avant-garde. Initié à la musique dès son plus jeune âge, sa passion pour le jazz s’éveille en 1945 quand il assiste à un concert de Charlie Parker.

Coltrane collabore avec des géants du jazz : Jimmy Heath, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk et Miles Davis, avec lequel il grave l’album mythique Kind of Blue. Il développe une technique d’improvisation singulière, caractérisée par des arpèges denses et rapides, que la critique appelle les « couches de son ».

À partir de 1960, Coltrane produit uniquement en tant que leader, formant son premier quartet pour le label Atlantic. Il est ensuite rejoint par ses partenaires réguliers : McCoy Tyner, Elvin Jones et Jimmy Garrison au label Impulse. Son style évolue vers une musique empreinte de spiritualité, d’influences indiennes et de curiosité pour le free jazz. Usé par l’alcool et la drogue, Coltrane décède prématurément en 1967 à l’âge de 41 ans.

Didier propose d’écouter une collaboration originale de 1962 entre Coltrane et Duke Ellington, l’album Coltrane and Ellington. Le morceau choisi est In a Sentimental Mood, une composition de Duke Ellington. Pour cette séance, Duke Ellington a apporté son bassiste Aaron Bell, tandis que Coltrane a amené son batteur Elvin Jones. L’ambiance de l’enregistrement est à la fois moderne et accessible à l’écoute, sans verser dans le free jazz.

Conclusion

Jean-Philippe Fidal remercie l’ensemble des participants et Tanguy pour son aide technique. Il espère que les auditeurs ont apprécié ce moment en leur compagnie et donne rendez-vous à la semaine prochaine.

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