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L'invité de la matinale Nantes – Radio Fidélité · 29 septembre 2026
Retour sur le voyage pontifical avec Monseigneur Percerou
L’espérance suscitée par la visite du pape en France
Monseigneur Laurent Perceroux, évêque de France, revient sur la visite de quatre jours du pape Léon 14 en France. Samedi, près de 800 000 personnes se sont rassemblées pour la messe de la Concorde autour d’une homélie sur la soif de Dieu. Cette visite a réuni bien au-delà des catholiques pratiquants : des hommes, des femmes et des enfants de France entière ont senti venir à eux une parole universelle d’espérance en des temps d’inquiétude.
La foule et le signal d’espérance
Cette visite a redélivré beaucoup d’espérance à un pays et une église qui en avaient grand besoin. La foule était nombreuse non seulement à la messe de samedi, mais aussi à Lourdes le dimanche, où il a fallu refuser du monde pour participer à la messe du matin. Ces rassemblements traduisaient une aspiration à la joie et à la fraternité. La présence de nombreux responsables politiques et associatifs à ces diverses manifestations, jusqu’à celle du chef de l’État à Metz, constitue un signal dont on espère que les fruits se manifesteront dans les jours et mois à venir.
La rencontre avec les victimes d’abus sexuels à Lourdes
À Lourdes, le pape s’est d’abord recueilli devant le mémorial aux victimes de violences sexuelles dans l’église, puis a reçu sept victimes qui ont salué une écoute profonde. Pour les évêques de France, il était essentiel que le pape rencontre ces personnes, non comme des victimes enfermées dans ce statut, mais comme des témoins. Ces sept personnes représentaient en quelque sorte les porte-parole de centaines de milliers de jeunes abusés dans les services de l’église. Bien que le nombre réduit ait suscité des critiques, les retours des victimes montrent que cette rencontre a porté ses fruits : le pape les a écoutées deux heures durant alors que la rencontre ne devait durer qu’une heure, manifestant son émotion, son écoute et sa compassion. Il a également encouragé les évêques à poursuivre le chemin entrepris depuis le rapport de la CIASE.
L’appel aux évêques à Lourdes
Le dimanche matin à Lourdes, le pape s’est adressé directement aux évêques comme un frère parmi ses frères. Il les a encouragés sur plusieurs points : accueillir et accompagner les catéchumènes, néophytes et confirmants adultes qui montrent comme un réveil de la foi catholique en France ; poursuivre le combat contre les abus sexuels sans baisser la garde ; être présents auprès des jeunes dynamiques engagés pour la foi ; et se faire serviteurs des pauvres et des petits.
La question de la fin de vie
Un leitmotiv a traversé toute la visite : « pour qu’ils aient la vie ». Cet appel s’est manifesté particulièrement dimanche après-midi à l’accueil Notre-Dame, au milieu des malades. Un médecin, ému aux larmes, a témoigné de la difficulté à respecter le serment d’Hippocrate face à la loi sur la fin de vie. Une femme paralysée depuis un accident a exprimé sa souffrance au pape, et comment son attachement au Christ et l’hospitalité de Notre-Dame lui avaient permis de retrouver le goût à la vie malgré son handicap. Les paroles fermes du pape de condamnation de cette loi auront eu un retentissement que l’on espère bien plus large, interrogeant la société sur la place qu’elle donne à la fragilité, à la maladie, à la vieillesse et à toutes les formes de pauvreté.
Le discours pour la paix à Metz
Lundi matin, le pape s’est rendu au centre Robert Schuman à Metz, ce pionnier de la construction européenne et grand catholique dont on espère voir aboutir le procès de béatification. Le pape a choisi Metz, terre qui a connu tant de guerres et de drames humains, ravagée par deux conflits mondiaux. Il a encouragé la construction européenne, montrant la place de la foi chrétienne dans la conscience européenne, invitant l’Europe à ne pas baisser la garde sur ce chemin de paix, de justice et de respect de la dignité humaine. Il a dépassé les frontières européennes en appelant à un véritable multiculturalisme fondé sur le dialogue entre les peuples, plutôt que sur le réarmement et la course nucléaire. À une époque où résurgissent les empires et les nationalismes, ce discours politique avait une résonance toute particulière : montrer qu’il n’y a d’autre chemin pour construire une société soucieuse de la vie de chacun que le dialogue, la fraternité et l’acceptation de la différence.
La rencontre interreligieuse
Le pape, au milieu de ses frères d’autres confessions chrétiennes, du judaïsme, de l’islam et du bouddhisme, a participé à une rencontre interreligieuse. Une déclaration de paix a été signée par tous les représentants religieux, affirmant que « invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence, c’est une profanation ». La mise en scène était éloquente : le pape était assis sur une chaise aux côtés des autres, non en surplomb mais en dialogue de fraternité, manifestant que l’église catholique ne se situait pas au-dessus mais au cœur d’un engagement commun pour une société réconciliée.
Un appel à la prière pour la jeunesse
Un sujet central tout au long de ces quatre jours a été les jeunes. Le pape en a parlé quotidiennement, particulièrement lors de la veillée du vendredi, les invitant à s’engager au cœur de la société comme chrétiens, y compris en politique pour faire résonner l’évangile. Il faut prier pour la jeunesse, en particulier pour qu’elle ne se laisse pas embarquer dans des discours de violence, de haine et de confrontation, mais qu’elle mette au service de la société son potentiel de dynamisme, d’élan, de joie et d’idéal.
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