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Le Billet d'Humeur – Radio Fidélité · 22 septembre 2026
L’été indien ?
Le 23 septembre marque officiellement l’arrivée de l’automne. Pourtant, à Nantes comme dans toute la France, la météo raconte une histoire bien différente : températures estivales, soleil persistant, et même trois départements en vigilance rouge aux feux de forêt en septembre plutôt qu’en juillet. Cette chronique médite sur le décalage troublant entre le calendrier qui change de page et un réel qui refuse de suivre.
Le calendrier et le thermomètre ne marchent pas au même rythme
Hier à Nantes, il faisait 26,6 degrés, soit 4 degrés au-dessus de la normale. Toute la semaine, Météo France annonce encore du soleil, de la chaleur et des terrasses pleines. Ce n’est pas une simple belle journée d’automne, mais plutôt la continuation obstinée de l’été.
On parle souvent avec un plaisir un peu honteux d’« été indien », comme s’il s’agissait d’un bonus ou d’un cadeau. Or ce phénomène est devenu habituel, presque prévisible : on change de page au calendrier tandis que le thermomètre, lui, n’a pas tourné la page.
Vivre dans l’entre-deux
Ce qui est vertigineux, c’est cette petite discordance : nous vivons beaucoup avec des dates — la rentrée, la Toussaint, Noël, le 1er jour de l’automne — qui nous servent de repères, de seuils, de phrases pour nous situer dans l’année. Puis un matin, on s’aperçoit que les seuils bougent moins vite que le réel.
Le corps est encore en été, les arbres commencent à peine à perdre leurs feuilles, l’eau manque, et le feu n’a pas reçu le message. On est dans une saison qui n’a pas de nom : plus tout à fait l’été, pas encore tout à fait l’automne. Juste une chaleur qui s’attarde comme un invité qui n’a pas vu l’heure.
Profiter du présent, sans ignorer le décalage
Il n’y a aucun reproche à adresser à ceux qui iront en terrasse aujourd’hui. Quand il fait beau en septembre, c’est rare et on aurait tort de faire les difficiles. Profiter, c’est normal.
Mais il vaut la peine d’accorder trois secondes à ce décalage : le calendrier a dit une chose, le ciel en dit une autre, et nous au milieu, on apprend à habiter un temps qui ne correspond plus tout à fait à ce qu’on avait appris à nommer.