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Evangile Et Commentaire – Radio Fidélité · 17 septembre 2026

Evangile & commentaire du Vendredi 18 Septembre 2026

5 min · en réécoute libre

Le commentaire de l’Évangile

Commenté par le père Patrice Eon.

Jésus fait preuve d’une liberté merveilleuse. Un homme qui se fait suivre par tout un groupe de femmes à l’époque, cela ne passait certainement pas inaperçu. D’abord parce que les femmes intervenaient très peu dans l’espace public, leur domaine était celui de la maison, et puis ensuite parce qu’elles ne pouvaient pas être disciples d’un rabbin, seuls les hommes le pouvaient. Les femmes n’avaient pas accès à l’enseignement des rabbins. Ce n’était pas une interdiction, mais c’était un fait. Or Jésus appelle tout un groupe de femmes à le suivre comme disciple, à écouter son enseignement et à le pratiquer. Et ce groupe d’ailleurs devait être important puisqu’en plus de Marie-Madeleine, de Jeanne et de Suzanne, il y en avait beaucoup d’autres. Cette merveilleuse liberté du Christ doit être aussi la nôtre. Parfois nous avons du mal à accepter telle ou telle nouveauté dans l’église parce que, comme dit le pape François, on a toujours fait comme ça. Oui, on a toujours fait comme ça. Mais est-ce que ça veut dire que ce « comme ça » appartient à l’essence immuable de l’église ou à l’expression culturelle d’une époque ?

Saint Luc place le groupe des femmes sur le même pied d’égalité que les 12 apôtres. On a d’un côté le groupe des 12 hommes et de l’autre côté le groupe des femmes, deux groupes d’apôtres. Saint Thomas d’Aquin n’a pas hésité à appeler Marie-Madeleine l’apôtre des apôtres parce que Jésus lui-même le matin de Pâques l’avait envoyée annoncer la résurrection aux 12. Apôtre veut dire envoyé. Certains exégètes font même l’hypothèse que Marie-Madeleine est à la tête de ce groupe de femmes apôtres, comme Pierre est à la tête du groupe des 12. De la même manière qu’on trouve toujours nommés ensemble Pierre, Jacques et Jean en tête des 12, de la même manière Luc nomme Marie-Madeleine, Jeanne et Suzanne comme si elles étaient à la tête du groupe des femmes.

Mais si tous sont apôtres, hommes et femmes, vous voyez que l’évangéliste ne mélange pas les deux groupes pour autant. Il y a bien deux groupes distincts, homme et femme. Égalité ne veut pas dire indistinction. Et c’est intéressant pour les débats qui traversent l’église aujourd’hui sur l’ordination des femmes. On ne peut pas se servir de ce texte d’évangile pour revendiquer l’ordination des femmes. Dans le groupe apostolique, hommes et femmes sont distincts. Et nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour creuser cette distinction et arriver à cerner un peu mieux la vocation spécifique de l’homme et de la femme dans le service de l’apostolat.

Remarquons combien Luc insiste sur la condition sociale de Jeanne, femme de Chuza, l’intendant d’Hérode, et des autres qui servaient le groupe apostolique de leurs biens. Cela veut dire qu’un certain nombre de ces femmes avaient du bien et qu’elles étaient d’un milieu social aisé. C’est intéressant que ce soit Luc qui insiste sur cet aspect parce que Luc c’est l’évangéliste par excellence de l’appel à la pauvreté. Donc vous voyez, il faut se méfier d’une vision un peu trop romantique de l’évangile et de Jésus. Jésus n’est pas un révolutionnaire échevelé qui pourfend les structures sociales iniques et oppressives de son temps. Bien sûr, il est radical dans sa critique de la richesse, mais il inscrit cette radicalité dans la réalité sociale de son époque. Il va s’insérer dans tous les milieux, y compris les milieux aisés. On sait par exemple que Marthe, Marie et Lazare, ses amis, étaient des gens riches et il va faire retentir l’appel à la conversion dans ces milieux. Ces gens aisés vont devenir pour les premières communautés chrétiennes des soutiens matériels importants.

Par exemple, les premières maisons où vont se réunir les premiers chrétiens dans l’empire romain, avant que les églises existent, c’étaient des maisons qui appartenaient à des propriétaires aisés. Encore une fois, ces propriétaires ont eu à se convertir et à convertir leurs pratiques, notamment en abandonnant dès le premier siècle la pratique de l’esclavage, mais justement ils ont entendu cet appel à la conversion. C’est là encore un enseignement pour nous : comme Jésus, nous avons à faire retentir l’évangile dans tous les milieux sociaux, des plus populaires aux plus aisés.

Transcription automatique de notre podcast quotidien, relue et mise en forme — le texte de l’Évangile (AELF) n’est pas reproduit.

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