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Evangile Et Commentaire – Radio Fidélité · 28 août 2026
Evangile & commentaire du samedi 29 Août 2026
Le commentaire de l’Évangile
Commenté par Mathilde Finot, responsable du service de formation.
Le verbe baptiser possède deux sens. Soit il signifie mettre dans l’eau, immerger, soit il signifie nommer, désigner par un prénom. Ici, chez Jean dit le Baptiste, la fonction devient un prénom et on pourrait traduire son nom par « c’est Jean celui qui baptise » ou « c’est Jean celui qui est nommé » ou « c’est Jean celui qui est immergé » ou « c’est Jean qui nomme ce qu’il baptise ». C’est intéressant car dans ce texte, il y a clairement dissociation entre la tête de Jean et le corps de Jean. Chacun a son itinéraire propre. Le gens qui nomme, c’est la tête. Le gens qui baptise, c’est le corps.
Commençons par suivre le cheminement de la tête de Jean. Il est d’abord parole et parole dérangeante qui signale l’interdit fondamental de l’inceste. Cette parole déclenche colère chez Hérodiade et peur chez Hérode. Mais cette parole déclenche aussi du plaisir. Hérode, malgré sa peur, a plaisir à l’entendre et l’écouter. Et Hérode protège cette parole qu’il chérit. Il la protège au point de la mettre en prison, et pour pouvoir l’écouter, et pour la mettre à l’abri des sbires possibles d’Hérodiade.
La tête de Jean devient ensuite une monnaie d’échange, un objet, voire un salaire. Notons qu’Hérodiade ne demande pas la mort de Jean, mais la tête de Jean. C’est beaucoup plus précis. Cette tête objet passe de main en main : le garde, le plat, la jeune fille, Hérodiade, et on n’en parle plus.
Continuons avec le corps de Jean. Il est en prison, il est même enchaîné. C’est un détail pratique qui nous permet de visualiser la scène. Il est un homme juste et saint, c’est l’opinion d’Hérode, qui contraste avec sa mise au fer. Il est ensuite corps abandonné dans la prison par le garde qui lui coupe la tête. C’est assez étrange à imaginer, d’ailleurs, ce corps enchaîné et laissé là. Enfin, il est corps récupéré par les disciples, corps soigné donc, et corps mis au tombeau, mais sans tête. Il est aussi, mais c’est le verset 16 juste avant notre texte, confondu avec le corps de Jésus par Hérode.
Revenons à la tête non récupérée par les disciples. Que devient-elle ? Nul ne le sait. On peut risquer une hypothèse : celle des disciples reprenant les idées, les gestes, les pensées et les actions de Jean et devenant sa tête. La communauté prend corps et redonne vie à ce qui fut Jean le Baptiste.
Transcription automatique de notre podcast quotidien, relue et mise en forme — le texte de l’Évangile (AELF) n’est pas reproduit.