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Voyage du Pape en France · 26 septembre 2026

Mgr Laurent Percerou : laïcité, jeunes, exilés, ce que dit la première journée de Léon XIV

18 min · en réécoute libre
Mgr Laurent Percerou : laïcité, jeunes, exilés, ce que dit la première journée de Léon XIV

La visite du pape François en France : les discours à l’Élysée et à l’UNESCO

Monseigneur Laurent Percereau, évêque de Nantes, revient sur les premiers moments de la visite du pape François en France. Il commente notamment ses deux grandes prises de parole : le discours à l’Élysée et celui prononcé à l’UNESCO.

À l’Élysée : une convergence entre laïcité et foi

Les discours du pape François et du président Emmanuel Macron se sont rejoints sur la question de la laïcité. Macron a rappelé l’article premier de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, selon lequel l’État doit assurer l’exercice des cultes tout en préservant leur indépendance.

Le pape, de son côté, a joué sur la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » pour promouvoir une juste laïcité : celle qui permet l’exercice des cultes non seulement dans la sphère privée, mais aussi une parole authentique dans le débat démocratique. Il a également souligné l’importance de l’enseignement catholique en France.

Ce qui a particulièrement marqué Monseigneur Percereau dans ce discours, c’est le rappel des doctrines sociales de l’Église : l’inviolabilité de la personne humaine, le respect de toute vie et l’engagement pour la dignité humaine. Le pape a abordé l’exigence du respect de toute vie, porteuse pour les chrétiens de la vie même de Dieu, sans pour autant mentionner explicitement la loi sur la fin de vie. L’évêque souligne que ce discours a été reçu positivement à l’Élysée.

À l’UNESCO : un texte dense sur les fondements

Le discours à l’UNESCO s’est avéré beaucoup plus dense et a nécessité une relecture attentive du texte pour en saisir toute la portée.

Le pape y a rappelé plusieurs points fondamentaux :

  • L’importance des instances internationales comme l’UNESCO pour permettre le dialogue entre nations et favoriser la paix, en particulier dans un contexte où le multiculturalisme est remis en cause par les grandes puissances (Russie, Chine, États-Unis).
  • La construction intégrale de la personne humaine passe par l’ouverture à l’éducation et à la culture dans toutes ses dimensions : intellectuelles, physiques et spirituelles.
  • Le rôle du Vatican comme auditeur aux Nations unies et participant engagé aux travaux de l’UNESCO pour tout ce qui concerne l’éducation, la culture et les soins.

Le pape a largement cité son encyclique Magnifica Humanitas, rappelant un principe cardinal : l’intelligence artificielle et toutes les nouvelles technologies ne doivent être qu’au service de l’homme, et non asservir l’homme.

Les vêpres à Notre-Dame : une homélie importante

Lors des vêpres à Notre-Dame, le pape a prononcé une homélie que Monseigneur Percereau juge destinée à demeurer un texte important. Le pape y a déployé la parabole de la cathédrale comme symbole de l’Église : une institution appuyée sur ses racines historiques et sa tradition, mais une tradition ouverte, accueillante et disponible à tous.

Avec une grande finesse — d’autant plus importante dans un contexte français traversé par des débats sur la liturgie — le pape a rappelé l’exigence de l’unité de l’Église qui doit se manifester dans la liturgie. Il a cité le document papal Ederito des Ederavi pour souligner que dans la liturgie, l’Église ne s’enferme pas dans les rites anciens ou le passé, mais demeure au cœur du monde contemporain.

Le pape a énoncé une phrase particulièrement forte : « Quand nous célébrons l’eucharistie, nous sommes des contemporains du Christ, et si nous sommes des contemporains du Christ, nous sommes des contemporains de ceux qui portent le Christ en eux, que sont nos frères et sœurs en humanité ». Monseigneur Percereau estime que cette homélie consolidera l’unité dans les églises particulières.

Au Stade de France : les jeunes, saints de France

La veillée des jeunes au Stade de France, réunissant environ 80 000 jeunes, a déployé le thème de la sainteté. La cérémonie a comporté un spectacle grandiose rappelant les grands saints de l’histoire de France à travers des tableaux épiques, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Le pape a ensuite adressé aux jeunes cette parole forte : « Vous êtes les saints de France ». Ce n’est pas une affirmation passive, mais un appel : tous les baptisés et confirmés sont appelés à s’engager sur un chemin de sainteté, à être de vrais disciples et témoins du Christ au quotidien auprès de leurs frères et sœurs.

Le pape a aussi lancé un appel aux vocations, encourageant les jeunes à ne pas avoir peur de répondre aux appels du Seigneur pour devenir prêtre, consacré ou diacre.

Malgré la diversité des jeunes présents et l’absence d’homogénéité religieuse, Monseigneur Percereau souligne qu’il y a eu du silence, moments de communion intense contribuant à la construction de l’unité de l’Église. Il voit dans les jeunes l’espérance de l’Église et l’importance qu’ils dépassent les clivages pour être des témoins du Christ.

La visite à la maison Bakhita : une parole prophétique

Le pape se rend à la maison Bakhita, centre du diocèse de Paris accueillant les personnes exilées. Monseigneur Percereau précise que le pape n’est pas un homme politique et que son voyage ne s’inscrit pas principalement dans le calendrier électoral français, même s’il raisonnera inévitablement dans ce contexte.

Le pape porte le nom de Léon XIV, successeur de Léon XIII, fondateur de la doctrine sociale de l’Église. Son pontificat s’inscrit dans cette dynamique : rappeler à l’Église son engagement auprès de celles et ceux qui peinent sur le chemin de la vie.

À la maison Bakhita, il rencontrera des migrants et des familles exilées pour rappeler que une société fraternelle ne peut pas se limiter à inscrire « Fraternité » sur ses bâtiments publics. Elle doit accompagner dignement et dans le respect des droits celles et ceux qui sont sur le sol français, après des histoires souvent tragiques.

Certes, l’État a la légitimité de légiférer sur l’accueil des migrants et de réfléchir à leur arrivée en fonction du contexte économique et politique. Mais le pape rappelle que la société doit assurer aux exilés les conditions pour vivre en êtres humains debout.

Monseigneur Percereau souligne le rôle prophétique de l’Église : oser des paroles et des gestes qui déplacent et provoquent, non pour provoquer gratuitement mais pour faire avancer les mentalités et rappeler à chacun son responsabilité de citoyen, particulièrement en temps d’élections.

La messe place de la Concorde : un événement mémorable

La grande messe place de la Concorde attend environ 600 000 personnes. Monseigneur Percereau souligne que cette localisation au cœur de la capitale — place de la Concorde, avenue des Champs-Élysées, arc de triomphe, place de l’Étoile — situe symboliquement l’événement de manière majeure.

Face à la question des difficultés de recueillement en si grand nombre, l’évêque répond : il y aura du silence, comme il y en a eu au Stade de France malgré les 80 000 jeunes. Les participants ne sont pas tous des catholiques pratiquants ; certains sont curieux, d’autres éloignés de l’Église. Mais tous seront rassemblés dans une communion.

« À travers la beauté des lieux, à travers la beauté de la liturgie, à travers la communion vécue ensemble à plusieurs centaines de milliers, le Seigneur va se manifester », affirme Monseigneur Percereau. Ces grands moments de concorde et de réconciliation sont nécessaires pour avancer dans la foi et pour appeler le pays à la paix et à la fraternité.

L’évêque souhaite que ses diocésains vivent ce moment de manière spirituelle, en étant conscients qu’ils participent à un événement porteur de sens au-delà de l’aspect purement festif.

Transcription

Lire l’entretien

17 min de lecture · transcription automatique, non relue

Et c'est monseigneur Laurent Percerou qui est avec nous, bonjour monseigneur.

Bonjour Tiffany.

Merci de nous accorder ces quelques minutes dans votre planning bien chargé. Vous étiez sur notre antenne hier matin quelques heures avant l'arrivée du Saint-Père, sa 1re grande prise de parole, c'était à l'Élysée, il y a défendu une juste laïcité qui n'exclut pas la religion de l'espace public, il a affirmé que l'école catholique a toute sa place en France, le président lui a assuré que la laïcité n'est nullement la négation de la religion, Monseigneur, ces 2 discours selon vous, est-ce qu'ils se sont rejoints?

Oui oui bien sûr, ces 2 ces 2 discours se sont rejoints avec en effet du côté de d'Emmanuel Macron à la fois la la joie de du de la France d'accueillir d'accueillir le Saint-Père, il a bien souligné dans son intervention que que le Saint-Père était était plus que, plus qu'un homme d'État mais qu'il était également un 1 leader religieux et qu'à ce titre, il avait une 1 parole à à délivrer à tous et qui était, qui pouvait être reçue par tous au-delà des au-delà des des religions, au-delà des appartenances des uns et des autres. Et puis il a en effet rappelé en fait ce qu'est l'article un de de la loi de dix-neuf-cent-cinq sur la séparation de l'église et de l'état qui rappelle que que l'état doit assurer l'exercice, l'exercice des cultes tout en préservant leur leur indépendance à chacun. Alors le le pape Léon a été je, a été peut-être entre guillemets plus au fond des choses, c'est-à-dire que il il est arrivé en France, son 1er voyage officiel en France, son 1er voyage pastoral et il a il a joué sur la devise de de la République Liberté, Égalité, Fraternité et c'est à ce titre-là d'ailleurs qu'il a qu'il a rappelé que ce qu'était une 1 vraie laïcité qui devait permettre en effet l'exercice des cultes et pas seulement dans le dans le domaine privé, mais également une 1 juste parole dans le dans le débat démocratique d'une nation, qu'il puisse en tout cas que la la foi puisse prendre, avoir une libre parole dans dans le dans le débat démocratique d'une d'une nation.

Et puis il a en effet, c'est aussi à cette lettre-là qu'il a qu'il a rappelé l'importance de de l'enseignement catholique dans le pays et toute la place qu'elle est appelée à prendre aux côtés de de l'enseignement public dans un même devoir d'éducation mais afin de pouvoir proposer la foi aux aux aux enfants et aux jeunes qui étaient inscrits dans l'enseignement catholique. Donc une invitation au au dialogue, à à une juste place des religions dans dans dans l'espace public. Et et et j'ai, après moi ce qui m'a surtout marqué dans ce discours du pape à l'Élysée, c'est le le rappel de, mais c'est un rappel fondamental des doctrines sociales de l'église qui est sur les l'inviolabilité de de la personne humaine, le respect de de toute vie et le l'engagement, l'engagement pour pour le respect de la dignité humaine. Et et c'est à ce titre-là qu'il a pu aborder sans jamais d'ailleurs parler de la de la loi sur la fin de vie, mais d'aborder le le l'exigence du du respect de toute vie porteuse pour nous les chrétiens, porteuse de la vie même de Dieu. Mais c'était un discours à la fois très délicat dans le ton parce que Léon 14 est un homme fin et délicat et en même temps d'une grande d'une grande exigence, d'une grande exigence, il a été en tout cas, je peux en témoigner bien reçu à l'Élysée, moi j'ai eu des retours plutôt positifs de la part de ceux qui étaient là.

Quelque temps après, il est allé à l'Unesco, il a eu des phrases assez fortes sur la guerre notamment sur l'intelligence artificielle, Qu'est-ce que vous en retenez vous de de ce discours de l'UNESCO?

Le discours de l'UNESCO est un discours extrêmement dense à tel point qu'à la sortie avec les frères évêques qui étaient avec moi, on s'est dit mais il va falloir qu'on le retravaille avec le texte sous les yeux, voilà. Parce que ce n'était pas, comment je veux dire, ce n'était pas une 1 harangue facile. Il il est allé là encore comme le matin à l'Élysée mais d'une manière beaucoup plus précise sur sur les fondements. Alors il a rappelé plusieurs choses. D'abord il il a rappelé l'importance des instances internationales comme l'Unesco qui permettent le dialogue entre les nations et qui permettant le dialogue entre les nations, permet de faire avancer la cause de la paix parce qu'on apprend à se connaître et à partager ses opinions, ses cultures, ses manières de voir.

Et à ce titre-là, il a rappelé l'importance du multiculturalisme. Et c'était très fort parce que c'était à une, à un moment de notre histoire où le multiculturalisme est ouvertement remis en cause par les grandes puissances que sont la Russie, la Chine ou les États-Unis. Et où on voit les les empires qui cherchent de nouveau à s'étendre et et à manger les plus petits. Et donc ça c'était important qu'il le soulève. Ensuite, il il a rappelé que la la construction de la personne humaine dans toutes ses dimensions intellectuelles, physiques, spirituelles, passaient par l'ouverture à l'éducation et à la culture.

Et que, il a rappelé à ce titre-là d'ailleurs que que le le Saint-Siège, le Vatican était membre, était était en tout cas, était en tout cas je je suis en train de chercher le terme exact, mais en tout cas qu'il participait à l'ONU comme non pas comme membre, comme membre ayant part au vote et caetera, mais comme comme auditeur voilà. Le Vatican est auditeur à l'ONU et engagé dans les travaux de de l'UNESCO pour tout ce qui touche à l'éducation, à la culture et et aux soins. Et donc on on voit bien là le rappel du pape qui se situe au niveau, au niveau international comme voulant que le Vatican et donc l'église catholique puissent être partie prenante dans tout ce qui contribue à une construction juste de la personne humaine et ce faisant, il il il a rappelé là encore ce qui faisait ce qui faisait le fondement de la doctrine sociale de l'église et donc il a beaucoup cité, pour nous qui l'avions lu évidemment, il a beaucoup cité magnifica humanitas et rappelant en effet que l'intelligence artificielle mais que toutes les toutes les nouvelles technologies ne pouvaient être qu'au service de l'homme et non et non et non assujettir l'homme.

Et le risque de l'IA, on sait bien qu'il est là.

Et si on reprend un petit peu le fil de la journée, il a ensuite célébré les vêpres à Notre-Dame et puis hier soir, il est allé à la rencontre des jeunes au Stade de France, il leur a adressé cette phrase, vous êtes les saints de France, vous qui avez justement Monseigneur Laurent Percerou, vous avez longtemps travaillé auprès des jeunes, qu'est-ce que vous avez retenu de cette veillée, qu'est-ce que qu'est-ce que vous avez pu vivre, comment vous avez ressenti, est-ce que vous avez ressenti cette communion entre les jeunes et le pape Léon 14?

Alors permettez-moi, vous avez vous avez passé un peu 8 sur les vêpres.

Oui pardon parce que quand Je

je non non non non mais je me permets quand même une petite phrase parce que l'homélie qu'il a prononcé au vêpres, je pense va demeurer un texte important. Il va demeurer un texte important parce qu'il a rappelé d'abord, il a il a déployé la parabole de la cathédrale comme comme symbole de l'église, église appuyée sur ses racines historiques, sur sa tradition, mais une tradition ouverte comme le sont nos cathédrales et donc l'invitation est une église ouverte, accueillante, disponible à tous et il a eu un long développement sur la liturgie. La cataracte, le lieu où on célèbre la liturgie et là encore avec beaucoup de finesse et de délicatesse, alors que la France est traversée par des vrais débats autour de la liturgie, à la différence d'autres pays qui qui ne connaissent pas ces débats-là. Il a rappelé l'exigence de l'unité de l'église, une unité qui puisse se manifester dans la liturgie et rappelant que avec les mots du pape François dans Ederio des Ederavi, la liturgie était l'église qui célébrait et qui devait pouvoir, non pas, il a eu ce mot très fort, je je paraphrase mais c'était de dire dans la liturgie, nous ne nous ne nous enfermons pas dans des rites anciens et nous ne nous enfermons pas dans le passé, mais nous sommes l'église au coeur du monde et nous sommes, il a eu cette parole, quand nous célébrons l'eucharistie, nous sommes des contemporains du Christ.

Et si nous sommes des contemporains du Christ, nous sommes des contemporains de ceux qui portent le Christ en eux, que sont nos frères et soeurs en humanité. Et ça, c'était très fort et je crois que cette homélie en tout cas, nous les avait consolidé en sortant, elle va, elle va nous servir maintenant pour travailler à la communion dans nos églises particulières. Alors ensuite au au stade de France, le le pape de, le pape a appelé les jeunes à à à être des saints en fait, à s'engager sur un chemin de sainteté et c'était le thème de la sainteté qui a été déployé tout au long de la de la veillée avec un 1 spectacle assez grandiose qui qui n'était pas sans rappeler ce qu'on peut voir dans certaines ciné-cénies, rappelant la les grands saints de l'histoire de France à travers des tableaux, des tableaux, des tableaux très très épiques. Donc on a, on a passé en revue un certain nombre de saints d'églises de France jusqu'à jusqu'à la seconde guerre mondiale. Et puis le pape ensuite leur a dit, oui vous êtes, vous êtes les saints de France, c'est-à-dire le le saint ce n'est pas, ce n'est pas comment dirais-je le, il faut faire attention quand on dit ça, mais il avait bien fait de le dire.

Nous sommes en chemin de sainteté tous et nous avons à mettre au, à nous mettre au service de la France pour témoigner de cette sainteté que que le Christ nous offre. Et et au nom de notre baptême et de notre confirmation, nous avons à tout faire pour mettre en oeuvre dans nos vies tout ce qu'il nous faut pour être de vrais disciples, de vrais témoins du Christ et donc d'être des saints. D'ailleurs il l'a fait en commentant des les paroles de Paul et et donc ça je crois que c'est très très important de pouvoir dire aux jeunes qu'ils ont cette capacité à à s'engager sur un chemin de sainteté et à vivre l'évangile au quotidien auprès de leurs frères et soeurs. Et puis après il y eu tout un, toute une toute une partie de la veillée autour des différentes vocations et le peuple a une parole très forte en en engageant les jeunes à à à ne pas avoir peur de répondre aux appels du seigneur pour devenir prêtre, consacré, diacre, et caetera. Donc là, c'était une très belle veillée, une belle communion en effet, 80000 jeunes au parc de, au stade de France dans leur grande diversité, ça se voyait bien, on avait tous tous les milieux, toutes les sensibilités, tout voilà.

Et et c'était un moment de communion intense et qui là encore contribue à à construire l'unité de l'église. Et et je crois que les jeunes sont l'espérance de l'église et donc il est il est vraiment nécessaire que eux sachent dépasser un certain nombre de nos clivages pour être des des témoins du Christ.

Monseigneur Percerou si on défile un petit peu le le, si on déroule un petit peu le fil de de la journée qui nous attend, à 9 heures, le pape se rend à la maison Bakhita, le centre du diocèse de Paris qui accueille les personnes exilées. À 7 mois de la présidentielle, quel message selon vous envoie ce geste?

Alors déjà je veux je vais vous redire ce que je disais à Simon hier, le pape il n'est pas un homme politique et le son voyage s'inscrit dans le calendrier électoral français, mais je ne pense pas qu'il ait le calendrier électoral français forcément comme 1re préoccupation. Nous c'est normal que nous l'ayons et que nous, quelque part même inconsciemment nous nous relisons ces prises de parole à l'aune de, à l'aune de de ces élections. Mais en, je crois qu'il, il s'appelle Léon, il s'appelle Léon 14, successeur de Léon 13 qui est en quelque sorte entre guillemets le fondateur de la doctrine sociale de l'église. Et donc lui là pour le coup, son pontificat, nous savons qu'il va s'inscrire dans cette dynamique de la doctrine sociale de l'église et dans ce rappel à l'église de de son engagement auprès de celles et ceux qui peinent sur le chemin de la vie. Et à la maison Béquita, il va aller rencontrer des exilés, il va aller rencontrer des des familles migrantes ou des migrants pour nous rappeler qu'une société qui se dit qui se dit fraternelle comme la nôtre, on a fraternité inscrit au fronton de de nos bâtiments publics, d'ailleurs il l'a relit hier.

Ce n'est pas simplement un mot mais c'est un appel à pouvoir accompagner dignement dans le respect des droits des personnes, celles et ceux qui sont sur notre sol. Ils ont leur histoire, ils sont arrivés comme ils ont pu parfois après des tragédies et il nous revient de pouvoir leur assurer ce qu'il leur faut pour vivre comme des hommes, pour vivre comme des femmes, pour vivre comme des enfants. Après un État et le pape François le disait, AAA tout à fait légitimité, a à à à légiférer sur l'accueil des migrants, à réfléchir à la manière de les accueillir, à à la manière dont dont nous devons régler leur leur arrivée. Voilà, ça c'est normal, c'est le travail d'un État qui en fonction des du contexte économique, du contexte politique du moment, voilà. Mais le pape va venir rappeler que, il y a sur notre sol des exilés, il y a sur notre sol des migrants de diverses origines et qu'il nous appartient, notre société de pouvoir leur assurer ce qu'il leur faut pour vivre en homme et en femme debout.

Voilà. Et et c'est vrai qu'alors après ça va, ça va raisonner forcément dans le contexte français, mais je l'espère d'une certaine manière, je l'espère parce que nous avons, l'église a, elle a un rôle prophétique. Et être prophète c'est parfois oser des paroles et des gestes qui qui qui déplacent, qui provoquent, qui non pas à provoquer pour provoquer mais qui provoquent pour faire avancer les mentalités et faire prendre conscience aux gens de de l'importance de de la manière dont ils se situent dans leur société, voilà. Comme citoyens et c'est bien à cela que nous sommes appelés au moment des élections, c'est être des citoyens.

Monseigneur à 10 heures, le pape rencontrera des catéchumènes et des néophytes à l'institut catholique de Paris et puis à 15 heures, c'est donc cette grande messe place de la Concorde, on a été obligé d'ouvrir dans les rues adjacentes tellement la population afflue, on attend près de 600000 personnes, ça peut être un moment extrêmement fort et en même temps avec un monde aussi nombreux pour une messe, ça peut être compliqué d'être recueilli. Comment vous aimeriez que vos diocésains vivent ce moment assez exceptionnel?

Alors le la la célébration va être un va être un très grand moment qui sans doute aussi fera date parce que nous sommes, nous n'avons pas été relégués aux périphéries parisiennes, à l'hippodrome de Longchamp ou ailleurs, mais nous avons été situés au coeur de la capitale. Nous nous sommes enfin à sur l'emblématique place de la Concorde, nous sommes sur l'emblématique avenue des Champs-Élysées, nous sommes sur l'emblématique arc de triomphe, place de l'étoile où et puis et puis avenue de la Grande Armée et un peu partout ailleurs. Donc rien que la localisation va va situer l'événement et et et je crois que les les gens vont la vivre, ce ce ces ces célébrations, vous dites ça va être difficile de prier, je ne pas sûr du tout et vous allez être surpris et nous allons être surpris de voir qu'il y aura du silence. Il y aura du silence comme il y eu du silence hier au stade de France, milieu des 80000 jeunes. Parce que les gens qui sont là, alors il y certains sont, évidemment ils sont, ils sont là parce qu'ils sont catholiques mais pas tous.

Je pense que des gens sont inscrits ou seront là un peu en curieux pour voir ce qui se passe. Certains sont éloignés de l'église mais se disent tiens c'est l'occasion de, d'aller rencontrer le pape, c'est l'occasion d'aller vivre une célébration perdue au milieu de la foule. Et je crois que ça va être vraiment un lieu où l'esprit saint sera présent et où à travers la beauté des lieux, à travers la beauté de la liturgie, à travers la communion vécue ensemble à plusieurs centaines de milliers, et bien le seigneur va, le seigneur va se manifester. On a besoin, ça ne suffit pas mais on a besoin de ces grands moments de de concorde et de réconciliation ou de conciliation pour avancer, pour avancer dans la foi. Et et au-delà, au-delà même de l'événement, je pense que cet événement va peut-être être, je l'espère en tout cas, un appel à la à la paix et à la fraternité dans notre pays quand on va voir et j'espère qu'il n'y aura aucun incident mais j'ai j'ai absolument pas peur, il n'y aura aucun incident.

Voir ces centaines de milliers de personnes réunies dans dans la ferveur et dans et dans la prière, voilà. Et moi je, c'est ainsi que je souhaite que mes dieux saisins qui seront nombreux sur, à cette célébration puissent la vivre.

Merci beaucoup monseigneur Laurent Percerou d'avoir été avec nous ce matin, je rappelle que vous êtes l'évêque de Nantes, merci beaucoup.

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