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Voyage du Pape en France · 25 septembre 2026
Couvrir le voyage du pape : les coulisses de La Croix

Depuis combien de temps La Croix prépare-t-elle ce voyage, et comment couvrir quatre jours à travers la France ? Loup Besmond de Senneville, rédacteur en chef adjoint du quotidien et ancien correspondant au Vatican, ouvre les coulisses de la rédaction. Il revient sur un débat : est-ce le chef de l’Église ou le chef de l’État du Vatican qui vient en France ? Il dit aussi l’étape qu’il surveillera de près et ce que révèle le regain de foi des catéchumènes.
Photo – Crédit Journal La Croix
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11 min de lecture · transcription automatique, non relue
C'est 4 jours, c'est 26 rendez-vous, c'est 15 discours, c'est une sacrée machine à retransmettre, à couvrir. Et pour un journal, c'est un véritable marathon qui se met en jeu à la croix. C'est Loubémond de Seineville qui pilote la couverture, c'est le rédacteur en chef adjoint du quotidien et ancien correspondant au Vatican. Autant vous dire qu'il connaît plutôt bien la question de ses déplacements. Il rappelait d'ailleurs cette semaine dans une chronique qu'il s'agit là d'une visite apostolique et non d'une visite d'état et ça a changé pas mal de choses notamment sur la perception que peuvent en avoir nos responsables politiques Loubé Montsenneville qui est avec nous ce matin.
Merci beaucoup Lou Bémont-Senville d'être en direct sur sur les ondes des radios chrétiennes françaises. Peut-être Lou pour commencer, reposer un petit peu le contexte pour les auditeurs qui nous écoutent ce matin et qui ne sont pas forcément familiers du fonctionnement d'un média. Depuis combien de temps maintenant le journal La Croix travaille-t-il sur sur ce voyage? Comment est-ce qu'on s'organise concrètement pour pour un 1 tel événement Lou?
La rédaction, elle travaille sur la visite du pape en France depuis plusieurs semaines maintenant, depuis le le l'annonce, alors l'annonce officielle, c'était il y a 4 mois, mais les choses bruissaient déjà auparavant. Donc voilà, on a travaillé effectivement tout l'été sur la question à la fois sur les aspects de préparation, c'est-à-dire de pouvoir raconter les coulisses de ce voyage, comment ils se montrent, comment les étapes sont choisies, comment les négociations se font entre le Vatican et l'Elysée par exemple. Et puis on a travaillé à la mise en place d'un dispositif de couverture de de ces événements, de cet événement, voilà de manière à ce que nos lecteurs puissent suivre en direct sur le site, dans le journal, sur notre appli, tout ce qui va se passer pendant ces 4 jours de visite.
On imagine que forcément c'est c'est un sacré travail qui est qui est là. 4 jours, le maire de Sainte-Ville, on le disait, c'est quand même long. Comment est-ce qu'on structure justement cette couverture à travers la France? Est-ce que c'est vraiment la rédaction parisienne qui va accompagner ce moment? Ou est-ce qu'à l'inverse, vous utilisez les correspondants que vous avez en région?
Est-ce qu'ils viennent d'une certaine façon prendre le relais des journalistes parisiens notamment on peut penser aux étapes comme comme à Lourdes ou ou à Metz?
On est plusieurs dizaines de journalistes mobilisés dans la rédaction à la fois la direction du journal, mais en même temps le service religion, des collègues aussi du service France, du service international, du service culture évidemment, du service économie, voilà. Donc tous tous les tous les tous les tous les métiers ainsi que les services d'édition, les gens qui travaillent au service web, photos. Donc voilà, tous les métiers de de la rédaction sont mobilisés et effectivement on a des équipes qui seront à Paris, mais on aura aussi des équipes qui seront à Lourdes, à Metz et puis la Croix, on est le le seul quotidien français à avoir un correspondant permanent au Vatican, un correspondant à Rome. Et donc notre correspondant qui s'appelle Michaël Core sera dans l'avion du pape. Il partira avec le pape depuis Rome jusqu'à Paris et puis il le suivra dans son avion avec une soixantaine de journalistes internationaux tout au long de de son périple jusqu'à son retour à Rome lundi.
Loube Mansenville, je le disais tout à l'heure en en vous présentant aux auditeurs qui nous écoutent ce matin, vous avez été vous-même correspondant de la Croix au Vatican, autant le dire vous connaissez plutôt bien ces voyages que vous avez vécu de l'intérieur. Un débat a eu lieu ces derniers jours dans dans la sphère médiatique française. Est-ce qu'on était là? Et d'ailleurs médiatique et politique. Est-ce qu'on était là sur la visite du chef de l'Église ou plutôt du chef d'état de la cité du Vatican?
Comment est-ce que vous avez perçu les interrogations que ça a pu poser dans dans la société française?
C'est vrai que la figure du pape, elle est un peu perturbante pour les politiques français. Et puis même nous, pour notre société française qui sommes quand même très attachés à la laïcité. Vous savez la laïcité, c'est une notion qui n'est absolument pas comprise en dehors de l'hexagone. Il faut quand même en être très conscient, c'est-à-dire que nous, on est persuadé d'être le nombril du monde. En fait, on est un confetti en dehors de la France.
Personne ne comprend ce qu'est la laïcité et le Vatican non plus. Donc c'est vrai que ce cet homme qui est à la fois le chef d'un 1400000000 de croyants, en même temps un chef d'État qui a, qui s'exprime sur des sujets internationaux, sur la diplomatie, sur la paix, sur les armes nucléaires, sur la fin de vie, sur cette notion de bien commun et qui défend vraiment pas seulement le bien commun, enfin qui défend le bien commun, mais qui défend pas les intérêts d'une population ou d'une série d'entreprises. Voilà effectivement, c'est un peu perturbant et donc on le voit bien là avec la politique français, c'est-à-dire qu'ils ont envie de l'écouter sur la paix, sur l'accueil des migrants, sur la défense de la vie et en même temps certains sont quand même un peu gênés parce que c'est un chef religieux. Donc voilà, on va être entre les 2 et intéressant de regarder tout le week-end comment ça va se passer. Ce sera aussi intéressant de regarder le 1er discours que va faire Léon 14, donc tout 1er discours, il va être fait à l'Elysée devant les corps constitués, c'est-à-dire les responsables politiques, associatifs, économiques de ce pays avec plusieurs membres du du gouvernement, des parlementaires aussi qui seront là.
Et et ça, ça dira voilà beaucoup de de cette de cette relation entre l'église et l'État. Il y aura aussi évidemment un discours de du président Emmanuel Macron.
Et on va suivre tout ça avec avec intérêt. Lou Bemont de cette ville, je rappelle aux auditeurs qui viennent de nous rejoindre que vous êtes ancien correspondant à Rome pour le journal La Croix aux Odifs, aujourd'hui rédacteur en chef adjoint. Ces dernières années, Lou, on a constaté un véritable retour à la fois, le nombre de de catéchumènes dans le pays se fait de plus en plus important. Cette visite semble porter une ferveur, une dynamique différente de celle qu'on a pu connaître dans le passé sur sur des visites du du Saint-Père. Est-ce que d'une certaine façon, vous considérez justement que cette dynamique peut influencer la perception que le pape aura de ce de ce déplacement?
Alors le pape François, avait une expression en parlant de la France qui était assez jolie, il disait fille aînée de l'église, mais pas la plus fidèle. C'est-à-dire qu'il voyait bien qu'il y avait cette histoire qui irriguait la France, le catholicisme, le christianisme, son rapport à la foi irriguait la France et en même temps, c'est vrai que c'est aussi un pays qui est profondément déchristianisé, profondément laïque et c'est un pays qui reste aujourd'hui profondément déchristianisé. Même si effectivement, comme vous l'avez dit, on observe une hausse des baptêmes d'adultes, une hausse des baptêmes de d'adolescents depuis quelques depuis quelques années maintenant, enfin depuis grosso modo la la fin la fin du Covid. Mais si on regarde d'autres facteurs, les baptêmes d'enfants, ils continuent à descendre, le nombre de vocations est encore assez, enfin voilà assez faible même si là il y a peut-être des choses qui bougent dans les séminaires avec ces avec ces baptêmes de d'adultes. Mais voilà, ce pas non plus une, la la France n'est pas en train de redevenir chrétienne.
En revanche, qui se passe et c'est ça qui intéresse le Vatican, c'est que ce pays déchristianisé, ce cette ce pays de vieille chrétienté où l'église est implantée depuis très très longtemps, bien le l'église est en train de de changer de visage parce qu'il y a ces nouveaux baptisés adultes qui souvent n'avaient absolument pas de de contact avec l'église catholique, ni familialement ni amigalement qui arrivent. Et donc ça change des choses à l'intérieur. C'est d'ailleurs pour ça que à l'intérieur des diocèses dans dans toute la France, il y a quand même une série de réflexions qui sont entamées pour accompagner non seulement ces catéchumènes, mais aussi ces néophytes, c'est-à-dire ces hommes et ces femmes qui sont adultes qui ont entre 17 et 35 ans. Quand ils sont baptisés, il ne faut pas les lâcher dans la, il ne pas les lâcher dans la nature. Il faut continuer à les à les accompagner.
C'est comme ça qu'on voit naître des premiers parcours pour pour pour les pour les accompagner, en particulier en Île-de-France, aussi ailleurs. Et donc ça, ça intrigue le Vatican. C'est-à-dire que le Vatican dit ah voilà ce pays qu'on croyait un peu perdu, je caricature un peu, mais ce pays qu'on croyait un peu perdu, beaucoup préoccupé par les abus sexuels à l'intérieur de l'église, voilà en perte de vitesse sur le plan peut-être de de la prise de parole publique avec des combats sociétaux qui ont aussi beaucoup été perdus ces dernières années. Et bien tout à coup, il se passe quelque chose. Il y a une forme de renouveau de la foi.
Je sais pas s'il a une renaissance, mais en tout cas, y a un renouveau de la foi. Et ça, ça intrigue et à la fois le Vatican évidemment le pape en en est conscient et c'est aussi ça qui vient voir Léon 14.
Au au milieu de tout le programme que que le pape va va faire avec cette visite en France sous le bémol de Seineville, est-ce qu'il y a une étape du voyage qui à vos yeux revêt peut-être une importance particulière que vous allez surveiller plus attentivement?
Bon alors je dirais 2 choses, il va y avoir l'image probablement de cette de ce voyage, ça va être évidemment la messe à la Concorde et sur les Champs-Elysées, lieu hyper symbolique, 600000 personnes, peut-être plus. Voilà, c'est c'est une messe comme Paris n'en a jamais connu. Voilà, ça va produire des images de messes XXL qui vont être très impressionnantes, très commentées. Donc ça, ça va être un 1er point. Et puis moi je vais aussi être attentif peut-être une 2e chose à la rencontre qu'il va faire avec cette victime de violences sexuelles à l'intérieur de l'église, c'est voilà une rencontre qui va avoir lieu à Lourdes.
Ça, c'est ça va être un moment important, non seulement pour les victimes, pour l'église catholique elle-même, pour les catholiques eux-mêmes parce qu'en fait aujourd'hui les gens qui sont le plus préoccupés, le plus attentifs à la question des violences sexuelles, ce n'est pas ce n'est pas les gens qui sont à l'extérieur de l'église, ce sont les catholiques eux-mêmes parce que ce sont eux les premières victimes de de ces violences. On le voit bien à travers une opinion publique catholique qui est née il y a quelques années et qui très vigilante là-dessus. Donc voilà, ça va être un moment important comme comme ça l'a été en Espagne d'ailleurs où où Léon 14 a rencontré des victimes il y a quelques mois.
Pour terminer, Lou, forcément ce vendredi matin, est-ce que vous pouvez nous nous dire à 7 heures 23 à quoi ressemble la une du du quotidien La Croix? Si on achète le journal ce matin, on voit quoi?
Et bienvenue avec un grand point d'exclamation et Léon 14 souriant à à à l'aube de ces de ces 4 jours de de visite et avant son arrivée à à Paris.