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Vie Fraternelle et Solidaire · 10 septembre 2026

Des services civiques dans le diocèse de Nantes

28 min · en réécoute libre
Des services civiques dans le diocèse de Nantes

Les missions de service civique proposées par le diocèse de Nantes

Le diocèse de Nantes accompagne 6 missions en service civique réparties sur deux domaines : la solidarité et la culture. Solène Bondu, responsable de cet accompagnement, détaille les différentes opportunités proposées aux jeunes qui souhaitent s’engager.

Domaine de la solidarité

Dans le secteur de la solidarité, le diocèse propose plusieurs missions :

  • L’Écoute de la rue : accompagnement des personnes en situation de rue
  • Pastorale des migrants : missions d’accueil et d’accompagnement des personnes migrantes
  • Abri des familles : accueil de jour et aide aux familles migrantes en précarité
  • Une nouvelle mission sur les quartiers populaires : participation à des temps d’accueil animés par les paroisses dans les quartiers

Domaine de la culture

Deux missions culturelles sont proposées :

  • Musique sacrée : accompagnement des jeunes dans la programmation et l’animation d’événements musicaux
  • Pôle jeunesse : création d’une dynamique autour des lycéens et de leurs animateurs

Les bénéfices mutuels pour l’Église et les jeunes

Selon Solène Bondu, ces missions de service civique constituent un bonus pour l’Église comme pour les jeunes. Elles permettent à l’Église d’accueillir des talents et des compétences, et offrent un regard jeune et différent au sein des équipes, généralement plus âgées. Les missions ne sont pas figées : bien qu’une trame soit validée par le département, les jeunes peuvent mettre leurs pattes dans les projets qu’ils développent au fil du temps, en accord avec leur parcours personnel.

Du côté des jeunes, l’expérience nourrit leur parcours professionnel et personnel. Bien que peu de jeunes proviennent directement du réseau ecclésial, le service civique redonne une porte d’entrée vers l’Église et ouvre parfois des questions plus spirituelles dans leur cheminement.

Où trouver les informations et postuler

Toutes les annonces des missions de service civique du diocèse sont disponibles sur la plateforme nationale du service civique. Elles sont également consultables sur le site du diocèse en tapant service civique. Chaque mission y est décrite en détail, pour permettre aux jeunes et à ceux qui les connaissent (familles, quartiers) de trouver la mission qui leur correspond.

Témoignage de Margaux – Service civique à l’Abri des familles

Margaux, 19 ans, effectue son service civique à l’Abri des familles depuis mi-novembre pour une durée de 8 mois jusqu’à mi-juillet. Cette association accueille des familles migrantes en précarité.

Son parcours avant le service civique

Après un bac général, Margaux a commencé des études scientifiques qu’elle a arrêtées mi-octobre, réalisant que ce n’était pas sa voie. Elle s’est tournée vers le service civique pour faire quelque chose d’utile et d’enrichissant avant de reprendre des études en septembre 2026. Sur la plateforme service civique, elle cherchait un accompagnement de publics défavorisés ou en situation de handicap. Elle a posté sur l’annonce de l’Abri des familles, passé un entretien qui s’est bien déroulé, et a été acceptée.

L’accompagnement reçu

Cécile, coordinatrice de l’Abri des familles, l’a accompagnée. Elles ont discuté des idées de Margaux, Cécile lui a fourni des contacts professionnels et l’a mise en lien avec des bénévoles ayant exercé des métiers susceptibles de l’intéresser. Cécile a suivi toutes ses démarches sur Parcoursup et l’a guidée dans ses recherches.

Son projet pour septembre

Margaux commence en septembre des études en école d’ergothérapie à Rouen (admission sur dossier). Cette année lui a permis de se poser, de prendre du temps pour réfléchir à ses envies et à ce qui la plaisait.

Découvertes et apprentissages

Avant le service civique, Margaux n’avait pas vraiment d’idée de la situation des familles migrantes et des enfants en bas âge. Cette réalité, qu’elle entendait parler dans les médias, n’était pas la même à vivre directement. Cela lui a donné un regard complètement différent sur la question.

Les meilleurs moments ont été les sorties découvertes (château de Nantes, plage, ferme), ainsi que les cuisines collectives où des mamans préparent et partagent des recettes de leurs pays d’origine. Elle retient aussi les moments en plein air où elle voit les enfants s’amuser dans le jardin.

Compétences acquises

Margaux a travaillé sa posture avec les enfants en apprenantà s’adapter à leur âge et leur comportement, ainsi qu’à s’adapter aux différentes personnalités et publics rencontrés. Elle a développé son écoute et sa patience, compétences essentielles pour l’accompagnement.

Témoignage de Clémentine – Service civique à la Pastorale des migrants

Clémentine, 19 ans, fait son service civique depuis début janvier pour une durée de 7 mois à la Pastorale des migrants, avec un jour par semaine à l’Abri des familles aux côtés de Margaux.

Ses missions à la Pastorale des migrants

Clémentine participe à :

  • Une permanence d’accueil le mardi matin pour répondre aux questions juridiques, d’hébergement, de nourriture et autres questions de vie courante
  • Des sorties mensuelles culturelles et sportives pour les personnes migrantes
  • Un atelier de conversation pour l’apprentissage et l’évolution du français

Son parcours avant le service civique

Clémentine a fait un bac professionnel dans la vente. Après l’obtention du bac, elle n’a pas voulu reprendre les études et a choisi un service civique axé sur la solidarité. Elle cherchait un accompagnement de personnes en précarité, en situation de handicap ou enfants. Elle a postulé à la Pastorale des migrants, l’entretien s’est bien passé et elle a été retenue.

Son projet pour après

Anne, qui travaille dans l’animation à la Pastorale, l’a beaucoup aidée. Elles ont discuté de ses envies futures. Anne lui a trouvé un stage aux Eaux vives d’Emmaüs et l’a aidée à chercher une alternance (démarche compliquée) et à se préparer à un entretien à Angers. Clémentine a demandé pour faire une formation de 3 ans en tant qu’éducatrice spécialisée, mais elle est en attente pour l’instant.

Découvertes et apprentissages

Clémentine n’avait pas vraiment d’idée de la situation des personnes exilées à Nantes. Elle savait qu’il y en avait, mais elle ne se rendait pas compte de la réalité : enfants en bas âge dormant à la rue, précarité généralisée, complications juridiques pour obtenir l’aide de l’État. Cette expérience lui a fait comprendre que la situation était beaucoup plus difficile qu’elle ne l’imaginait.

Elle retient de beaux moments lors des cuisines collectives, des sorties en plein air et de la visite à la ferme ce matin-là, où elle a vu les enfants s’émerveiller devant les animaux, ainsi que les parents.

Compétences acquises

Clémentine a beaucoup appris à animer des ateliers de français, ce qui n’est pas facile du fait des multiples langues présentes. Elle a aussi aimé organiser les sorties, qui lui ont appris de nombreuses choses. Par ailleurs, elle a acquis des connaissances sur les pays africains, les réalités de vie des personnes migrantes, et le fonctionnement juridique de l’aide de l’État.

Évaluation du service civique

Clémentine recommande cette expérience à tout jeune qui ne sait pas quoi faire après son bac. Selon elle, ce n’est pas une année perdue : on apprend beaucoup, on rencontre des personnes formidables, on découvre le secteur associatif et son fonctionnement. C’est enrichissant sur de nombreux plans.

Ce que les personnes migrantes ont apporté aux jeunes

Margaux et Clémentine soulignent l’importance de la force et de la résilience des personnes qu’elles rencontrent. Pour les familles, les enfants sont le moteur qui les fait avancer. Même épuisées, les mamans disent qu’elles tiennent grâce à leurs enfants. L’éducation des enfants est hyper importante pour elles, peu importe leur situation de précarité : c’est le bien-être de l’enfant qui prime et les fait vraiment tenir.

Les enfants eux-mêmes ont marqué les jeunes : des bébés de 2 semaines confié à leurs bras avec confiance, et des enfants plus grands toujours joyeux, joueurs et rigolos malgré leurs difficultés.

Langues et découvertes linguistiques

Ces missions ont aussi fait travailler l’anglais des jeunes. Clémentine et Margaux ont découvert de nouvelles langues comme le soussou et d’autres langues présentes dans la diversité des personnes accueillies.

Témoignage de Loïs – Service civique à l’Écoute de la rue

Loïs, 21 ans, a effectué un service civique de 8 mois après sa licence d’histoire. Il a choisi une année de césure avant de continuer en master pour découvrir le monde et réfléchir à son parcours professionnel et spirituel. Il a retenu l’association Fraternité Écoute de la rue, qui accorde avec ses intérêts personnels.

Motivation pour le service civique

Loïs ne voulait pas faire 5 ans d’études, arriver dans le monde professionnel sans connaître le monde réel. Il a cherché une coupure, un moment pour réfléchir à son parcours professionnel. Le service civique lui a paru la meilleure solution pour être au contact de l’humain, avoir un rapport social plus terre à terre, et en particulier découvrir la pauvreté et ceux qui portent ces souffrances.

Présentation de Fraternité Écoute de la rue

L’association a été créée il y a environ 30 ans par un prêtre. Son objectif est d’être au contact des personnes vivant dans la rue et leur apporter du réconfort par un lien social. Au-delà de répondre à la faim via des collations lors des maraudes et des permanences d’accueil, l’idée principale est d’entretenir un lien social et de redonner de l’humanité aux personnes qui l’ont perdue.

Les missions de Loïs

Loïs a travaillé comme bénévole. L’association propose 5 permanences par semaine du lundi au vendredi (matin ou après-midi) où sont proposées des collations : sandwichs, boissons, et surtout des échanges et des discussions. Loïs a discuté avec de nombreuses personnes de la rue et entretenu un vrai lien tout au long de ces 8 mois. Il a aussi participé aux maraudes, allant à la rencontre des personnes sur leur lieu de vie dans la rue.

Comment se déroulent les maraudes

Une maraude dure environ 2 heures, principalement dans le centre-ville de Nantes où se concentrent les personnes en rue. L’équipe fait un petit tour autour des grandes places et avenues, s’arrête tranquillement près de chaque personne, prend le temps de s’asseoir et de discuter. La première approche se fait par la proposition d’une collation (café, jus), mais c’est surtout pour amorcer la discussion et entretenir un lien d’égal à égal, sans hiérarchie entre bénévoles et accueillis. Il y a toujours beaucoup de bienveillance.

Première approche d’un public inconnu

Loïs n’avait jamais eu de contact avec les personnes vivant dans la rue. Comme beaucoup de gens, il croisait quelqu’un dans la rue et l’évitait. Depuis ce service civique, tout a changé. Il connaît beaucoup de monde dans la rue à Nantes et, quand il en croise un, ils se saluent avec bienveillance. Ce qui l’a le plus surpris, c’est que ce sont des gens tout à fait normaux qu’on peut approcher avec sincérité et sans crainte. Il a appris qu’il ne faut pas avoir peur d’entamer la discussion avec eux.

Compétences acquises

Loïs a développé :

  • Gestion pratique : prévision et gestion de la nourriture pour les permanences
  • Compétences sociales : apprendre à approcher les personnes, à entamer une discussion, à composer avec des parcours très différents et très difficiles
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