
Cet épisode de Radio Fidélité propose un commentaire de l’Évangile selon saint Matthieu (passage du discours missionnaire) par Anatole Laurentin, laïque missionné. Il s’agit du texte où Jésus envoie ses apôtres en mission et les prépare aux obstacles qu’ils rencontreront.
Les trois grands aspects du passage
Le commentateur retient trois dimensions essentielles : les dangers de la mission, l’assistance de l’Esprit Saint, et la fécondité de la persévérance dans les épreuves.
Les dangers de la mission
Jésus annonce à ses apôtres qu’ils seront confrontés à l’opposition, la contradiction et même la persécution. Pourquoi ? Parce que l’Évangile du royaume apporte un bouleversement radical dans la vie du monde.
Le Nouveau Testament l’exprime de plusieurs façons. Dans l’Évangile de Matthieu, les Béatitudes produisent un retournement de l’ordre social en mettant en valeur les humbles, les doux, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, et les artisans de paix. Dans l’Apocalypse de Jean, la conduite des fidèles attachés au témoignage de Jésus conteste radicalement l’ordre politique de l’empire romain, qui est totalitaire et idolâtre. Aucun compromis n’est possible.
L’assistance de l’Esprit Saint
Malgré ces menaces, les disciples ne doivent pas renoncer au témoignage par la parole. Jésus leur promet : « Ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. » Le texte grec dit littéralement que ce sera l’Esprit Saint qui parlera, non pas les disciples eux-mêmes.
Dans l’Évangile de Jean, Jésus enseigne que l’Esprit rappellera aux disciples tout ce qu’il leur a dit durant sa vie terrestre, et actualisera à chaque moment de leur existence l’enseignement reçu. Cette promesse explique l’assurance qu’on observe dans la parole des témoins, notamment dans les récits des Actes des Apôtres.
La fécondité des épreuves
La persévérance dans les épreuves porte fruit à deux niveaux. D’abord pour le missionnaire lui-même : « celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » Mais aussi pour la mission elle-même, car la persécution peut favoriser la diffusion de la bonne nouvelle.
Jésus dit : « Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. » Paul et Barnabé ont appliqué cette consigne lors de leur première mission dans le centre de l’actuelle Turquie, en fuyant de ville en ville, d’Antioche de Pisidie à Derbe, tout en déposant à chaque fois le germe de la bonne nouvelle au sein de petites communautés (Actes des Apôtres, chapitres 12 à 14).
Et pour nous, aujourd’hui ?
Ce qui fait obstacle à notre témoignage n’est pas la persécution, mais plutôt l’indifférence ambiante. Cependant, nous avons deux ordres essentiels d’évangélisation donnés sans cesse par Jésus : proclamer et guérir. Le second, le témoignage par des actes de bienfaisance, est à notre portée chaque jour. Quant à l’assistance de l’Esprit Saint, pensons-y dans les occasions où nous devons témoigner en paroles. Nous pourrons ainsi parler avec assurance.