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Comment préserver nos espaces verts ?

micRadio Fidélitétoday11 juin 2026 13 1

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    Comment préserver nos espaces verts ? Radio Fidélité


Jardins ouverts ce week-end : comment cultiver sans épuiser nos réserves d’eau ?

Quand la pluie ne suffit plus

On pourrait croire que davantage de précipitations résout nos problèmes d’eau. Eh bien, détrompez-vous. Les arrêtés sécheresse s’enchaînent dans notre région, et début juin, le préfet de Loire-Atlantique a même renforcé les restrictions dans le sud du département. Un bassin entier classé en crise.

La question n’est plus de savoir si nous devons changer nos habitudes de jardinage, mais comment le faire. Et vite. Parce que selon le GIEC régional, on atteindra un niveau critique de la ressource en eau d’ici 2050. Dans 24 ans seulement. Nos enfants auront à peine la quarantaine.

Des jardins qui ouvrent leurs secrets

Charles Paillet, chargé de mission environnement au CPIE Loire Océane, orchestre ce week-end une initiative qui tombe à pic. « Bienvenue dans mon jardin au naturel » : voilà le nom de cet événement national qui se décline localement d’Herbignac à Saint-Nazaire, en passant par La Baule, La Turballe ou Saint-Lyphard.

Une dizaine de jardins – privés ou associatifs, potagers ou paysagers, urbains ou ruraux – vont dévoiler leurs pratiques vertueuses. Gratuitement. Sans réservation. De 10h à 18h, avec une pause déjeuner pour que les bénévoles et jardiniers puissent souffler.

« C’est vraiment la promesse de passer un bon moment dans un endroit qui n’est pas ouvert le reste de l’année », explique Charles Paillet. Mais c’est aussi bien plus que ça. C’est une masterclass grandeur nature sur le jardinage responsable.

Le récupérateur d’eau : basique mais efficace

Commençons par l’évidence. Celle que tout le monde connaît mais que trop peu appliquent encore : le récupérateur d’eau de pluie. « Ça permet en fin de saison de continuer à pouvoir arroser son jardin, même si on est en période de sécheresse, parce que ce n’est pas de l’eau qui est prise sur le réseau d’eau potable », souligne Charles.

Simple. Accessible. Redoutablement efficace. Et pourtant, combien de gouttières déversent encore leur eau directement dans les égouts ?

Le paillage, ce héros méconnu

Autre technique qui gagne à être connue : le paillage. Pailler au pied des plantes, des haies, des massifs. Ça conserve l’humidité dans le sol et réduit drastiquement les besoins en arrosage.

On parle de paille, de copeaux de bois, de tontes de gazon séchées. Des matériaux souvent disponibles gratuitement dans nos propres jardins. Le recyclage intelligent, en somme.

Les oyas : la révolution discrète

Connaissez-vous les oyas ? Ces petites réserves d’eau en terre cuite qu’on enterre dans le sol ? Charles Paillet les mentionne avec enthousiasme. « Ça humidifie la terre aux alentours et ça permet une meilleure régulation de l’eau. Les plantes pompent l’eau uniquement quand elles en ont besoin. »

Fini le sur-arrosage ou le sous-arrosage. Les oyas offrent une irrigation passive, douce, respectueuse du rythme naturel des plantes. Une technologie ancestrale remise au goût du jour.

Désimperméabiliser : laisser respirer la terre

Voilà un concept moins évident : la désimperméabilisation des sols. « On n’a pas besoin de tout goudronner, de tout bétonner un jardin », insiste Charles. Des graviers, des pavés espacés, même se garer sur le gazon – tout vaut mieux que le bitume à outrance.

Pourquoi ? Parce qu’imperméabiliser les sols empêche l’eau de s’infiltrer, de rejoindre les nappes phréatiques, d’effectuer son cycle naturel. On coupe littéralement le robinet de la nature.

Planter local : l’évidence oubliée

Et si la solution la plus simple était de revenir aux espèces d’ici ? Chênes, ormes, frênes. Des arbres qui poussent naturellement sous nos latitudes et qui, logiquement, sont adaptés à notre climat.

« On oublie trop souvent ce que ça peut donner et on a tendance à se tourner vers des espèces exotiques, voire des espèces parfois exotiques envahissantes », regrette Charles Paillet. Or ces plantes venues d’ailleurs sont souvent bien plus gourmandes en eau que nos espèces indigènes.

Sans compter qu’elles offrent moins de ressources à notre faune locale. Un jardin, c’est aussi un écosystème.

Pourquoi jardiner si l’eau manque ?

La question mérite d’être posée. Certains diront qu’il n’est pas essentiel de consommer de l’eau rare pour faire pousser des fleurs. Qu’il vaut mieux privilégier cette ressource pour d’autres usages.

Charles Paillet ne nie pas la pertinence du questionnement. « Si le jardin n’est pas forcément une priorité en soi, ça reste un endroit agréable, un endroit extérieur dont on a besoin de profiter. » Sa réponse ? Gérer son espace vert en tenant compte des restrictions. Profiter de son jardin tout en ayant conscience qu’on ne peut plus pomper sans compter sur le réseau d’eau potable.

D’ailleurs, les jardins ne sont pas qu’une question d’esthétique ou de loisir. Ils jouent un rôle crucial dans la régulation thermique de nos environnements. « Il fait tout plus chaud sous un parasol que sous un arbre », rappelle Charles. Parce que les plantes transpirent, évaporent, rafraîchissent l’air ambiant. Un parasol offre de l’ombre. Un arbre offre de la fraîcheur.

2050 : le compte à rebours est lancé

Que se passera-t-il si rien ne change d’ici 2050 ? « Certaines de nos espèces les plus fragiles seront mises en péril très régulièrement d’année en année », prévient Charles Paillet. Des disparitions d’espèces végétales et animales qui ont besoin de fraîcheur, d’ombre, d’humidité même en période estivale.

Nos jardins, qu’ils soient potagers ou paysagers, seront « complètement à sec en période estivale ». Des espaces extérieurs de moins en moins agréables. Et par effet domino, moins d’espaces verts signifie moins de fraîcheur pour nous aussi. Un cercle vicieux qui s’auto-alimente.

Les jardins partagés : une alternative collective

Tout le monde n’a pas la capacité ou l’envie d’avoir un jardin privé. Charles Paillet le reconnaît volontiers. D’où l’intérêt des jardins partagés, gérés par des associations. « On peut faire partie d’une association qui s’occupe d’un jardin partagé et être dédié juste à une petite partie. »

Pas besoin d’être propriétaire d’un terrain. Pas besoin de s’en occuper toute l’année. Juste participer, à son rythme, à un projet collectif qui fait du bien à la planète et au moral.

Comment participer ce week-end ?

C’est gratuit. Ouvert à tous. Que vous soyez passionné de jardinage ou néophyte complet, que vous ayez un jardin ou non. L’événement se veut convivial avant tout.

Les horaires ? De 10h à 18h, avec une pause déjeuner. Certains jardins sont même ouverts pour le pique-nique. Pour obtenir les adresses précises des dix jardins participants, il suffit de se rendre sur le site du CPIE Loire Océane. Vous tomberez directement sur la liste en première page.

Entre Saint-Nazaire, Mesquer, La Turballe, Herbignac et Saint-Lyphard, vous aurez l’embarras du choix. Chaque jardin raconte une histoire différente, propose des solutions adaptées à son contexte particulier.

Un événement qui dépasse nos frontières

« Bienvenue dans mon jardin au naturel » n’est pas qu’une initiative locale. C’est un événement national porté par tous les CPIE de France. Où que vous soyez sur le territoire, vous trouverez probablement des jardins ouverts près de chez vous ce week-end.

Une mobilisation collective pour montrer qu’un autre jardinage est possible. Plus sobre. Plus respectueux. Tout aussi beau.


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