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Evangile Et Commentaire – Radio Fidélité · 18 septembre 2026
Evangile & commentaire du Samedi 19 Septembre 2026
Le commentaire de l’Évangile
Commenté par le père Patrice Eon.
Il est heureux frères et sœurs que depuis le renouveau biblique et le concile Vatican 2, la lecture de la parole de Dieu soit devenue une activité quotidienne pour la plupart des catholiques. Pourtant j’entends souvent des paroissiens me dire : la méditation de la Bible c’est quand même compliqué. Et puis une chose est de la méditer, autre chose est de la mettre en pratique. Cela fait des années que j’entends la parole de Dieu, pourtant j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à me convertir.
Bien, l’Évangile d’aujourd’hui nous donne une explication à ce problème. La parole de Dieu c’est comme un grain qui est semé dans le champ de notre cœur. Mais ce champ de notre cœur a plusieurs niveaux de profondeur, et tant que le grain n’atteint pas le plus profond de notre cœur, il ne produit pas de fruit.
La première profondeur c’est notre oreille, c’est le bord du chemin. La parole elle passe par l’oreille mais nous savons bien qu’elle peut repartir par une autre. Le Seigneur dit : « Ceux qui sont au bord du chemin, ceux-là ont entendu, puis le diable survient et il enlève de leur cœur la parole. » Pourquoi ? Parce qu’ils ont entendu avec les oreilles de leur corps, mais ils n’ont pas vraiment écouté avec les oreilles de leur cœur.
Vous savez, nous avons des sens corporels, mais nous avons aussi des sens spirituels, c’est-à-dire des sens intérieurs dont l’Esprit Saint se sert pour nous faire entendre, goûter, sentir la saveur de la parole. Et pour cela, il ne faut pas lire une seule fois le texte médité, mais une fois, deux fois, trois fois et même plus s’il le faut, jusqu’à ce qu’une parole touche mes sens intérieurs.
Sœur Jeanne d’Arc, une religieuse exégète, racontait qu’un jour un enfant de cinq ans lui avait demandé : « Explique-moi l’Esprit-Saint. » Elle lui avait alors cité la phrase de saint Paul : « Dieu le père a mis en nous l’esprit de son fils qui dit Père. » Après un instant de réflexion, l’enfant dit : « C’est beau. » Et après un long moment de silence, dit encore : « Dit encore. » La sœur redit la phrase et plusieurs fois, l’enfant recommença à dire : « Dit encore. » Et lorsque la sœur voulait l’expliquer, il l’interrompait : « Non, dis encore la même chose. »
Vous voyez, cet enfant goûtait la parole avec ses sens spirituels. Il ne la comprenait pas avec son intelligence rationnelle sans doute, mais l’Esprit Saint la faisait résonner dans l’oreille de son cœur.
Deuxième profondeur : celle de nos sentiments. C’est le terrain caillouteux de la parabole. Ceux qui sont dans les pierres, dit Jésus, accueillent la parole avec joie, mais ils n’ont pas de racines. La parole touche leurs sentiments, ça leur procure la joie, mais ça ne dure pas. Pourquoi cela ne dure pas ? Tout simplement parce que les émotions, ça ne dure pas. Il faut que la parole vienne faire une marque plus profonde, il faut qu’elle s’inscrive et qu’elle demeure dans notre mémoire spirituelle, la mémoire de notre cœur.
C’est pour cela qu’il est important, frères et sœurs, que nous connaissions par cœur certains passages de l’Écriture et que nous les engrangions dans les mémoires de notre cœur, afin que l’Esprit Saint les fasse remonter de notre cœur au moment où nous en avons besoin, notamment au moment de l’épreuve ou de la tentation, pour que nous nous raccrochions à cette parole comme une bouée de sauvetage.
Troisième profondeur : la volonté. « Ce qui est tombé dans les ronces, dit Jésus, ce sont les gens qui ont entendu mais qui sont étouffés par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie. »
J’aurais beau méditer et goûter la parole, j’aurais beau l’engranger dans la mémoire de mon cœur, si je ne la mets pas en pratique, cela ne sert à rien. Il faut de la volonté pour mettre en pratique la parole. Il faut de la volonté pour préférer faire la volonté de Jésus et de son Père plutôt que de me laisser séduire par les richesses et les plaisirs de la vie.
Or, qu’est-ce qui peut fortifier ma volonté ? Bien, c’est l’amour. Et c’est la quatrième profondeur, celle de la bonne terre. « Ce qui est tombé dans la bonne terre, dit Jésus, ce sont les gens qui ont entendu la parole dans un cœur bon et généreux. »
Je me souviens avoir rencontré à Niamey, au Niger, un étudiant musulman qui me disait : « J’ai toujours l’Évangile dans ma poche et j’aime le lire parce que j’aime Jésus. »
Si nous avons un amour ardent pour Jésus, alors par amour pour lui, nous goûterons sa parole, nous la garderons dans la mémoire de notre cœur et nous la mettrons en pratique.
Amen.
Transcription automatique de notre podcast quotidien, relue et mise en forme — le texte de l’Évangile (AELF) n’est pas reproduit.